Le blog du chatborgne / blog de livres

Les livres qui font Miaou dans l'actualité. Beaucoup de politique, un peu d'islamisme, de la culture et surtout de la Liberté et des livres.

27 octobre 2006

Grande Jonction, Roman de Maurice G. Dantec

Grande Jonction Maurice Dantec « Courage mon fils, ton devoir journalistique t'attend » me dis-je à moi-même, après avoir lu le dernier Dantec qu'Albin Michel a bien voulu m'envoyer. « Il faut maintenant faire un post, et ne pas céder à la tentation de pomper à la place le papier d'un autre ».
*
Grande Jonction de Maurice G. Dantec doit son nom au territoire où débute dans les années 2060 la deuxième chute de l'Humanité. Sur ce territoire situé à la frontière de ce qui était le Canada et les États-Unis un petit groupe s'affère autour d'un enfant de 12 ans doté du pouvoir de « guérir les machines : Gabriel Link de Nova. 
La première chute, celle décrite dans le précédent roman de l'auteur, avait détruit la « Meta-Structure » un réseau des réseaux unifiant toutes les machines et des êtres humains de plus en plus asservis à celles-ci.
On retrouve dans Grande Jonction un monde où la Meta-Structure n'existe plus, mais la destruction continue inexorablement. Les systèmes électroniques sont désactivés par vagues successives. Le phénomène a muté.

Bien vite les pouvoirs de guérison machiniques de Gabriel Link de Nova sont dépassés,  car cette fois-ci c'est l'être humain directement qui est attaqué. Ce que Maurice G. Dantec appelle « La Chose », détruit le langage, au sens propre, puisque les victimes voient leurs phrases désorganisées, puis leurs mots concassés avant étape finale, de n'émettre plus que des 0 et 1 du langage binaire et mourir en émettant un bruit de modem analogique.

Plus loin on comprendra que « La Chose » veut détruire l'Homme en tant qu'individu pour l'incorporer dans une sorte de grand Tout parodie de Dieu.
Alors que l'Homme est le résultat de l'individuation de l'Unique, comprendre : l'Homme c'est plein de petites divisions de Dieu toutes différentes et autonomes. Donc le contraire... Enfin si j'ai bien compris ... ce qui reste à prouver ...
L'auteur fraîchement converti au catholicisme par la lecture de Léon Bloy nous livre en effet ici une odyssée aux fondements théologiques nombreux et il faut parfois s'accrocher pour essayer de comprendre.

Mais point besoin de tout comprendre pour apprécier Grande Jonction (c'est ce que me disent régulièrement certains amateurs de Dantec à propos de son oeuvre ). Le livre  emprunte certaines recettes au Western, le lecteur est tenu en haleine par l'action et la beauté du récit. Il a ainsi le droit à un convoi attaqué par les Indiens (les islamo-nazis en fait), un bon duel, et un héroïque fort Alamo final.

Alors, tu vas lire ce livre ! OK ! *

Le Chat Tigré , alias ABL

* Désolé pour cette grossière parodie

ACHETER GRANDE JONCTION AVEC AMAZON

Posté par chatborgne à 12:20 - Livre littérature - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2006

Films du pire au meilleur

La Nonne : Film d'erreur réalisé par Luis De La Madrid, date de sortie française 11 octobre 2006.
Je suis le fantôme d'une nonne tuée par un groupe d'adolescents, je reviens me venger 20 ans plus tard. Bouuu. Je tue la première fille, la deuxième, la troisième, la quatrième [...] la sixième. Fin du film.

Encore une histoire débile ou l'on fait des groupes de 1 personne pour aller chercher du bois à la cave pendant qu'un tueur maléfique rode. Bref scénario particulierement misérable. Interprétation sans plus. Les décors et l'image sont corrects.

Pire film que j'ai vu au cinéma depuis longtemps.


Indigènes : film de guerre (lasse) réalisé par Rachid Bouchareb. Sortie 27 septembre 2006.
Les Maghrébins délivrent la France occupée par les nazis malgré les vexations continuelles dont ils sont victimes de la part de l'oppresseur colonialiste.

Formation au pays : paternalisme des petits chefs métropolitains, envoi au casse-pipe pendant que les chefs blancs restent sur la colline à regarder.
Voyage en bateau vers la France : pas de tomates pour les Noirs et les Arabes.
Débarquement et délivrance du pays les armes à la main : pas de promotion pour les Maghrébins qui se sont comportés en héros et que l'on a envoyé au massacre. Récolte des lauriers par les Blancs qui sont restés derrière.

Il faut être aveugle comme un Max Gallo pour trouver que ce film n'est pas partial. Les vrais héros venus des armées d'outre-mer, méritent peut-être mieux qu'un film de propagande bien-pensant ...

Thank You for Smoking. Film documentaire scénarisé de A à Z Réalisé par Jason Reitman. Sortie 13 septembre 2006.
La vie, les doutes et les joies d'un lobbyste de l'industrie du Tabac aux Etats-Unis. Comédie du genre "critique sans concession de l'Amérique", par un Américain. Donc inévitablement sélectionné pour un prix en France (Deauville 2006).

Bien fait, amusant, mais so democrat. On y voit par exemple un dîner amical entre le représentant du Tabac, celui des armes et celui de l'alcool, se disputer l'honneur de défendre le produit qui tue le plus de gens.
Car c'est bien connu c'est l'alcool qui tue et pas l'alcoolique, le pistolet qui tire et pas celui qui le tient et la cigarette qui va se mettre toute seule dans la bouche du fumeur, cette petite s......

A ne pas voir avec un(e) ami(e) gauchisant (e), il vous gonflerait ensuite avec Lord of War et autres Super Size Me.

Click.Film pop-corn réalisé par Frank Coraci, avec Adam Sandler. 4 octobre 2006.
Un jeune architecte père de famille achète une télécommande magique et universelle. Grace à elle il peut accelèrer le cours de sa vie, faire des pauses en bloquant les gens, mettre des dialogues en espagnol.

C'est du taillé sur mesure pour Adam Sandler, de la grosse comédie US, des blagues de potaches (le chien qui se tape une peluche canari tout au long du film). Et surtout le coté fable moraliste moderne : le héros comprend à la fin que le plus important ce n'est pas son boulot "mais la famille mon fils".

Le réalisateur a dû se faire plaisir, la plupart des figurantes et actrices secondaires sont d'incroyables bombes souvent courtes vétues.

Note personnelle : derrière moi dans la salle un jeune à keffieh n'a pas pu retenir sa larme pendant le moment d'émotion final ponctué, d'un "Ah ces p..tains de film américains ..." .

A voir si vous aimez les comédies US.

La Citadelle Assiègée.Documentaire mandibulaire Réalisé par Philippe Calderon.
Un couple royal de termites crée une nouvelle colonie, bientot une gigantesque termitiaire se dresse dans la plaine humide. Un accident vient bouleverser ce monde ultra-organisé : une branche d'arbre tombe sur l'édifice et en détruit une partie.

Dans les montagnes arides le soleil devient trop brulant pour les millions de fourmis Magnans; des guerrières et nomades. Elles partent en convois vers des territoires plus hospitaliers autour de la reine noire.

Mangeant tout sur son passage, araignées, autres tribus de fourmis, serpents, elles finissent par arriver dans la plaine où l'odeur des termites s'échappe de leur citadelle éventrée.

Les mangeurs de bois n'ont pas réussi à réparer suffisament leur habitat, les fourmis donnent l'assaut, c'est un carnage. Tous les futurs rois et reines termites sont massacrés.
Mais les termites réussissent à repousser les fourmis guerrières de la chambre royale dans laquelle s'entassent les larves survivantes et les derniers guerriers. Vont-ils réussir à survivre ? Comment l'orage qui s'annonce va-t-il influer sur le cours de la bataille ?

Filmé comme une guerre, avec un procédé optique parait-il innovant, ce documentaire est fascinant. Depuis que j'en avais vu les affiches j'attendais vraiment sa sortie avec impatience . Ceux qui, enfants, ont crée des camps militaires pour fourmis dans leur jardin me comprendront.

Le site Web de la Citadelle assiègée

Le Chat Tigré alias ABL

Posté par chatborgne à 12:08 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2006

Une autre vision de l'affaire Grégory

Le secret de la Vologne : L'affaire Grégory vue par la P.J.

La sortie du livre d'Etienne Sesmat sur l'affaire Villemin ne doit pas faire oublier qu'un autre ouvrage sur le même sujet est paru trois ans plus tôt: Le Secret de la Vologne, écrit par le second directeur d'enquête ayant travaillé sur l'enlèvement et l'assassinat du petit Grégory, le commissaire Jacques Corazzi, du SRPJ de Nancy. Le livre est présenté par son éditeur Gérard Louis, comme un récit chronologique des enquêtes successives rédigé à partir des "Souvenirs et notes personnelles, [de l'] analyse de la presse et [de] tous les documents officiels liés aux procès [relatifs à cette affaire]" (p. 9).

Particularité dudit ouvrage: il est écrit de façon plus ou moins romancée, un peu comme un polar des éditions Fleuve Noir, et comme certains articles du Nouveau Détective (je précise que je n'ai rien contre cet hebdomadaire, que je lis de temps à autre). Cela facilite la lecture, mais parfois on a du mal à distinguer les élements romancés de ceux qui ne le sont pas ! Ceci étant posé, le choix narratif de Jacques Corazzi est parfaitement compréhensible. Celui-ci ne peut présenter sa version de l'affaire ouvertement, sous la forme d'un plaidoyer pro domo ou d'un livre d'investigation: il risquerait des ennuis pour contestation de la chose jugée (arrêt de non-lieu du 3 février 1993). En effet, Jacques Corazzi est très sévère avec les premiers directeurs d'enquête - Etienne Sesmat en tête (qui, d'ailleurs, a écrit son livre en réaction à celui du commissaire) - et croit aujourd'hui encore en la culpabilité de Christine Villemin; les élements ayant amené à l'inculpation de la mère de Grégory sont bien sûr évoqués:

1/ Les expertises graphologiques la désignant comme "le corbeau" qui persécutait la famille Villemin depuis des années.2/ Les explications jugées peu convaincantes sur les factures téléphoniques. 3/ Les témoignages des collègues de Christine affirmant l'avoir vu poster une lettre en fin d'après-midi le jour du drame, lettre qui pourrait être celle de la revendication du crime. 4/ Les cordelettes retrouvées chez les Villemin présentées comme étant identiques à celles qui ont servi à ligoter le petit Grégory.

En dépit des réticences sur la forme du texte que j'évoquais plus haut, et du fait que, pour ma part, je crois en l'innocence de Christine Villemin, je pense que le livre du commissaire Corazzi mérite d'être lu, tout comme celui du colonel Sesmat. Peut-on esperer assister un jour à un débat contradictoire entre les deux "frères ennemis" (expression que j'emprunte à un chroniqueur judiciaire de France 2) de l'affaire Grégory? La brève conversation, plutôt tendue, entre les deux hommes lors du Salon du Livre de Nancy, qu'on a pu voir dans l'émission Complément d'enquête du 9 octobre dernier, laisse penser le contraire, même si on y entend à un moment l'ancien gendarme dire qu'il était prêt à débattre sur le sujet. Affaire à suivre!

Frédéric VALANDRE

PS: au cours d'un déjeuner à Paris avec un écrivain en novembre 2004, celui-ci m'a affirmé avoir reçu les confidences d'un gendarme: la mort de Grégory aurait été un accident domestique déguisé en assassinat. Certes, tout ceci n'est que ouïe-dire, mais cela confirme que la vérité judiciaire sur l'affaire Grégory ne plait pas à tout le monde...

Acheter avec Amazon

Posté par chatborgne à 17:37 - affaires judiciaires - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2006

Messe d'enterrement de Jean Ferré

Jean_Ferre_messeAujourd'hui lundi 16 octobre j'étais à la messe d'enterrement de Jean Ferré. Une église pleine, des gens debout dans les allées. Jean Ferré avait fondé Radio-Courtoisie en 1987.

Venant des radios libres (Radio Solidarité) au début des années 1980, le monarchiste Jean Ferré réussira le tour de force de faire cohabiter à l'antenne de Radio-Courtoisie des personnalités des chapelles de droites les plus opposées. Des Libéraux pro-Bush comme Yves Roucaute aux catholiques "intégristes" de la Fraternité Saint-Pie X, en passant par la droite parlementaire : François Bayrou encore dernièrement. 

Aujourd'hui la radio serait dans une situation financière précaire, le coût des émetteurs et des techniciens permanents étant un lourd poids pour une station qui ne diffuse aucune publicité et ne vit que des cotisations de ses auditeurs.

L'interim à la direction de Radio Courtoisie est assuré par Jean-Gilles Malliarakis, éditeur-journaliste et Henry de Lesquen conseillé municipal à Versailles. En tant que défenseur sans réserve de la liberté d'expression je rends hommage à cet homme, qui bien qu'étant opposé à certaines de mes idées – libertariennes - leur a permis de s'exprimer.

Le Chat Tigré

P.S : pour l'anecdote, l'écrivain Jean Raspail discutant avec quelques amis au sortir de la messe constatait qu'il allait à "beaucoup d'enterrements ces temps-ci".

Un blog d'amis de Radio-Courtoisie

Posté par chatborgne à 19:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2006

Un témoignage de première main sur l'affaire Grégory

Les Deux Affaires GrégoryLes lecteurs du blog savent que je suis un passionné des affaires judiciaires, notamment de celles qui ont eu un fort retentissement médiatique. Aussi, c'est avec le plus grand intérêt que j'ai pris connaissance du livre du colonel de gendarmerie (en retraite) Etienne Sesmat, qui était le premier directeur d'enquête dans l'affaire de l'enlèvement et de l'assassinat du petit Grégory, le fils de Christine et Jean-Marie Villemin, survenu le 16 octobre 1984.

L'objectif de ce témoignage percutant est clair: "contribuer au rétablissement de la vérité" (P 11) sur un drame qui a fait couler beaucoup d'encre. L'auteur entend faire justice des accusations lancées contre les gendarmes : acharnement contre Bernard Laroche, cousin germain de la famille Villemin qui n'était nullement un coupable tiré "par hasard d'un képi" (p. 66),  pressions exercées sur la belle-soeur de ce dernier, Murielle Bolle, qui a avoué avoir assisté à l'enlèvement de Grégory par Laroche avant de se rétracter...
Sur ces points précis, la lecture du chapitre III (p. 61-89) est fort instructive.

Le colonel Sesmat ne cache pas son opinion concernant ceux qui ont selon lui orchestré "un procès en sorcellerie" (p. 149) contre Christine Villemin, accusée d'infanticide après la rétractation de Murielle Bolle et l'assassinat de Bernard Laroche par Jean-Marie Villemin. Dans son collimateur: un juge d'instruction influençable et assoiffé de notoriété, Jean-Michel Lambert,  et le second directeur d'enquête Jacques Corazzi, de la PJ de Nancy. Les journalistes du "réseau Bezzina" (du nom de feu Jean-Michel Bezzina, correspondant de RTL à l'époque) et les avocats de Bernard Laroche ne sont pas épargnés par l'auteur. En effet, ce sont ces derniers qui ont ouvertement accusé les gendarmes d'avoir joué les "pousse-au-crime" auprès de Jean-Marie Villemin et d'avoir été partie prenante d'un complot d'extrême-droite visant au rétablissement de la peine de mort (p. 94; selon les fantasmes de Me Prompt, ancien résistant communiste qui "voue aux gémonies les forces de l'ordre et le pouvoir en général")!

L'auteur pointe également du doigt les maladresses des avocats du couple Villemin, notamment cette idée de faire paraître, en pleine campagne médiatique "anti-Christine" des photos de celle-ci dans Paris-Match pour renverser la vapeur, ce qui s'averera contre-productif (p. 166-167). S'ajoute à cela que Me Henri-René Garaud a cru bon de demander au juge Lambert de dessaisir les gendarmes pour confier l'enquête au SRPJ de Nancy (p. 194). Le ténor du barreau croyait bien faire - il entretenait de bons rapports avec la police, était l'avocat de plusieurs policiers - et il le regrettera par la suite.

Enfin, l'ancien directeur d'enquête rend hommage au travail des magistrats Maurice Simon (qui a succedé au juge Lambert) et Jean-Pierre Martin (chapitre IX, p. 223-263) qui a permis d'aboutir à un non-lieu définitif en faveur de Christine Villemin le 3 février 1993. Son mari a quant à lui été condamné le 16 décembre de la même année à cinq ans de prison (dont quatre ferme) pour l'assassinat de Bernard Laroche par la cour d'assises de Dijon (p. 285). Etienne Sesmat termine le livre en rappelant la vérité judiciaire sur cette affaire: Christine Villemin est innocente, et "il existe contre Bernard Laroche des charges très sérieuses d'avoir enlevé Grégory Villemin le 16 octobre 1984" (arrêt de non-lieu cité p. 349). Etait-il pour autant l'assassin? L'arrêt de non-lieu ne le dit pas, et, à juste titre, l'auteur n'entend pas accabler un mort qui n'est plus là pour se défendre. Saura t-on un jour qui a tué le petit Grégory? "Bien qu'il soit permis et légitime de l'espérer, les derniers pas vers la vérité ne se produiront peut-être jamais." répond le colonel Sesmat (p. 351). En attendant de découvrir cette vérité, nous ne pouvons que conseiller la lecture de ce témoignage de première main sur l'une des plus retentissantes affaires criminelles de notre époque.

Frédéric VALANDRE.

Acheter avec Amazon.com

Posté par chatborgne à 16:48 - affaires judiciaires - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1