Le blog du chatborgne / blog de livres

Les livres qui font Miaou dans l'actualité. Beaucoup de politique, un peu d'islamisme, de la culture et surtout de la Liberté et des livres.

08 avril 2008

Les Thanatonautes

thanatonautesQu’est ce qui se passe quand on meurt ?

Toutes les religions et les philosophies du monde ont répondu à cette question à leur façon, alors Bernard Werber fait le tour des mythes et des écrits peu connus des religions monothéistes à ce sujet. Il en tire des points communs autour du thème de la réincarnation et du karma. Ainsi le destin ne s’imposerait que de façon limitée à l’homme, c’est à lui de trouver sa voie et porter la responsabilité de ses actes pour ses vies passées et sa vie présente.

À partir de là il tisse la trame de son roman autour de quelques personnages sympathiques et notamment du très individualiste Raoul Razorbak, le pionnier des voyages au-delà du mur de la mort. Pour cela il doit faire face à l’incompréhension générale quand cela foire, à l’admiration inconsidérée quand, par hasard, il réussit.  Werber représente donc les innovateurs comme des incompris quelquefois misanthropes, d’où le cri de ralliement de Raoul : « toi et moi contre les imbéciles ».

Pour ceux qui n’ont encore jamais lu les Thanatonautes je n’en dévoilerai pas plus car c’est là un livre que je vous conseille chaudement. Je regrette seulement quelques grosses invraisemblances dans la mesure où les corps désincarnés réagissent et où le paradis se retrouve dans notre dimension et peut être situé géographiquement, enfin les Anges y apparaissent imparfaits et noyés dans la bureaucratie. Ce qui nous apporte le savoureux épisode de ronds de cuirs humain cogérant le paradis et y introduisant le trafic de karma, pas de doute Bernard Werber comprend bien les rouages du service public.

Xavier COLLET

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28 décembre 2007

Le Bachelier, Jules Vallès

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LE BACHELIER

Jules Vallès, fondateur du journal « Le Cri du Peuple » et communard acharné a commis une trilogie autobiographique un temps appréciée dans les collèges et les lycées. On doit désormais en distribuer quelques morceaux choisis particulièrement picorés dans « Le Bachelier », le deuxième opus.

L’étudiant d’aujourd’hui pourra d’ailleurs facilement s’identifier à Jacques Vingtras (Jules Vallès), le fort en thème ou qui se croit tel, monté de son Auvergne à Paris et qui dédicace son ouvrage « à ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim ». Ce Jacques Vingtras là c’est un peu notre Richard Durn, ce sont les étudiants bac + 5 sur des voies de garage qui ont appris avec de mauvais maîtres que la société devait leur dérouler le tapis rouge. Des petits boulots alimentaires jugés indignes d’eux vont nourrir leur frustration sociale pour en faire de véritables bombes.

Jacques Vingtras arrive donc à Paris pour chercher d’autres républicains (les communistes de l'époque), et espère vivre de l’argent que lui envoient ses parents. Il aime l’émeute et cherche à l’organiser dans les universités sans pour autant être étudiant. Il est un peu antisémite quand il s’en prend au bourgeois, à l’intéressé, à l’avare, au juif. C’est aussi contre le bourgeois en lui qu’il s’insurge, contre cette sensiblerie qu’il veut tuer pour ressembler à ces Spartiates dignes de l’admiration de Robespierre.

Mais la société bourgeoise semble se venger en le forçant à gagner de quoi vivre, il prend cela comme une mesquinerie et cherche des subterfuges : « il a été formé une caisse avec les sous que chacun pouvait avoir, et nous vivons là-dessus – jusqu’au grand moment où, si l’on a soif et faim, on réquisitionnera au nom de la République dans le quartier en feu. ». Et voilà notre Vingtras Vallès répétiteur chez des escrocs et finalement pion dans un collège, il enrage : « un soir de douleur et de colère, je suis homme à arrêter dans la rue un soldat ou un mouchard que je ferai saigner, pour pouvoir cracher mon mépris au nez de la société en pleine cour d’assises… Mais tu nous le paieras, société bête ! qui affame les instruits et les courageux quand ils ne valent pas être tes laquais ! Va ! Tu ne perdras rien pour attendre ! »

Vingtras est donc une petite ordure pathétique, un monstre frustré qui combat des fragments d’humanité en lui. Il prend pour idéologie ses pulsions anomiques ou suicidaires, Vingtras est notre contemporain.

Xavier COLLET

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