26 décembre 2006
Nouveau Webzine Individualiste
Edité par José Luis Goyena et Alain Laurent, et principalement consacré à la recension critique d’ouvrages récemment parus du point de vue de l’individualisme rationnel et en réaffirmation de la valeur suprême de la liberté individuelle d’expression (donc dans le sillage d’Ayn Rand et de Jean-François Revel…), LE NOUVEL 1DIVIDUALISTE paraîtra désormais chaque trimestre – avec éventuellement des suppléments intercalaires, sur le site
Web : http://web.mac.com/nouvel1dividualiste/iWeb/Site/
Pour recevoir les prochain numéro par e-mail : nouvel1dividualiste@mac.com
Au sommaire du N°1 (décembre 2006) :
Qui est le nouvel individualiste ?
Du côté d’Ayn Rand
L’individualisme libéral en livres
Une théorie individualiste des Lumières
Chronique de l’anti-individualisme ordinaire
Lectures américaines : le suicide intellectuel du néocon
Charles Murray et le déboulonnage du Ché par Alvaro
Vargas LlosaLE NOUVEL 1DIVIDUALISTE
NB : Le chatBorgne publiera certains article du Nouvel 1dividualiste
22 décembre 2006
Seznec: innocent, forcément innocent ?
La Justice n'est pas seulement sourde, aveugle et folle, elle a également raté une occasion historique de reconnaître son erreur: c'est ce que répètent Denis Le Her-Seznec et bon nombre de chevaliers de la croisade antipénale depuis que la Cour de cassation a refusé de réhabiliter Guillaume Seznec le 14 décembre dernier. Mais si il est évident que notre justice n'est pas parfaite, doit-on affirmer ex-cathedra que celle-ci a commis une erreur en condamnant cet ancien maître de scierie de Morlaix pour le meurtre de son ami Pierre Quémeneur et pour faux en écriture privée, le 4 novembre 1924 ?
Sans parti-pris, le commissaire Guy Penaud a décidé de reprendre l'affaire à zéro, en ne s'appuyant que sur les élements tangibles, irréfutables, et non pas sur des arguments tout droits sortis d'un roman de gare. Fabrication de fausses promesses de vente à son bénéfice concernant le Traou-Nez, la propriété de Quémeneur à Plourivo - les expertises officielles "déterminent l'entière implication du condamné" (p. 160) - tentatives de surbornation de témoins (la lettre reproduite pages 189-190 est édifiante) pour se constituer un alibi : n'en déplaise à ceux et celles qui voient en Seznec une victime, ces éléments ne plaident guère en sa faveur. Méthodiquement, Guy Penaud réfute nombre d'"erreurs manifestes" et "appréciations erronées" (p. 232) de Denis Le Her-Seznec, le petit-fils du condamné, et démonte la thèse du complot policier monté par Pierre Bonny, qui était au centre de la demande de réhabilitation. Bonny n'était certes pas un ange, mais lors de l'enquête sur la disparition de Quémeneur en 1923, il n'était qu'un modeste inspecteur stagiaire (p. 264); par ailleurs, si il a bel et bien été chassé de la police le 10 janvier 1935 et a été l'objet de trois informations judiciaires, il n'a aucunement falsifié des preuves dans l'affaire Stavisky (p. 263). Enfin, contrairement à une légende tenace, Bonny n'a jamais avoué avoir monté un complot contre Seznec: il suffit de lire sa confession écrite remise à son avocat peu avant son exécution pour faits de collaboration en décembre 1944, à aucun moment il n' y est question de machination (p. 273). Hélas, à l'instar du petit-fils Seznec, nombre de médias préférent s'appuyer sur des témoignages de seconde main faisant état de supposés aveux de l'inspecteur, plutôt que de prendre en compte ce document.
Conclusion: "... la machination policière ne pouvant qu'être écartée, l'intervention d'un tiers assassin, faussaire et manipulateur, étant matiérellement impossible, il ne reste qu'un personnage dont la responsabilité ne peut objectivement être écartée." (p. 290). Bref, comme le disait Sherlock Holmes: "Lorsque vous aurez éliminé l'impossible, tout ce qu'il vous reste, même si c'est improbable, est forcément la vérité" La vérité, c'est que Seznec était bel et bien impliqué dans la disparition de Quémeneur, d'une manière ou d'une autre. J'ai dévoré le livre du commissaire Penaud en une nuit, sur mon lieu de travail (ma loge d'agent de surveillance) et je ne saurais trop vous conseiller la lecture de son excellente mise au point sur cette prétendue "Affaire Dreyfus bretonne". Un cadeau de Noël idéal pour les amateurs d'énigmes judiciaires.
Frédéric VALANDRE.
PS: consultez également le site de Marylise Lebranchu (ancien ministre de la Justice de Lionel Jospin, initiatrice en 2001 de la dernière demande de révision en faveur de Seznec), vous pourrez y constater que Bernez Rouz, Michel Keriel, Guy Penaud et moi-même sommes quelque peu vilipendés par certains "seznecistes"...
17 décembre 2006
Arrêt Seznec: une défaite pour la justice médiatique
Le rideau est tombé ce jeudi 14 décembre: la Cour de révision a rejeté la demande de réhabilitation de Guillaume Seznec, estimant qu' il n' y a aucun fait nouveau ou élément inconnu de la juridiction au jour du procès de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.
Petit rappel: en 1923, Guillaume Seznec, propriétaire d'une scierie à Morlaix, s'associe avec son ami Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, pour vendre des voitures américaines aux Soviets. Le 25 mai, les deux hommes quittent la Bretagne à bord d'une vieille Cadillac qu'ils espèrent vendre à Paris à un mystérieux intermédiaire, un Américain se faisant appeler Gherdi. Après quinze heure de voyage et autant de pannes, Seznec et Quémeneur se retrouvent immobilisés à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Plus personne ne reverra Quémeneur. Très vite suspecté d’avoir tué son ami, et d’avoir tapé une fausse promesse de vente à son bénéfice (concernant le Traou-Nez, la propriété de Quémeneur située à Plourivo) Seznec est condamné au bagne à perpétuité le 4 novembre 1924 ; finalement gracié en 1946, il est renversé par une camionnette le 15 novembre 1953 et meurt le 13 février 1954. Depuis plus de 80 ans, la famille Seznec se bat pour obtenir la révision du procès, et on ne peut qu'être impressionné par sa combativité, plus particulièrement celle de Denis Le Her-Seznec, le petit-fils de l'ancien forçat. Et je comprends bien la colère qui a été la sienne jeudi dernier lorsque la Cour de révision a rendu sa décision.
Cela dit, cela ne m'empêche pas d'être sidéré par le spectacle donné par le petit-fils Seznec et ses partisans au Palais de Justice de Paris jeudi dernier: injures à l'égard des magistrats en particulier et de la Justice en général, et ce en présence de sa famille, de ses avocats, de quelques acquittés de l'affaire d'Outreau, de Patrick Dils (il ne manquait plus que Richard Roman et Omar Raddad pour faire bon poids), sans même parler des joueurs de biniou et des indépendantistes bretons hurlant "Mort à la France !" (d'après Libération du 15 décembre)... on se serait cru dans un épisode du dessin animé Calimero ("C'est trop injuste, Seznec n'a pas été réhabilité !"), en moins drôle cependant !
Au delà de la question de fond (coupable ou innocent ?) c'est surtout l'argumentation de la défense qui pose problème: selon elle, Guillaume Seznec aurait été victime d'une machination politico-policière, orchestrée par un des enquêteurs de l'époque, l'inspecteur Pierre Bonny, en collaboration avec le fameux Gherdi (pas américain d'ailleurs, c'est un Algérien) que devait rencontrer le duo Seznec-Quémeneur lors de son voyage parisien de mai 1923. Objectif: camoufler le trafic de Cadillac avec l'URSS dans lequel seraient mouillés nombre d'hommes politiques. A l'appui de cette théorie: le témoignage de Colette Noll, une résistante qui affirme que le gestapiste ayant permis son arrestation en 1944 n'était autre que Boudjema Gherdi; Bonny étant lui aussi dans la Gestapo française à l'époque, sans doute les deux hommes se connaissaient-ils, et sans doute étaient-ils déjà de mèche en 1923 pour faire plonger le pauvre Seznec... CQFD.
Tout cela est quand même tiré par les cheveux, et ne permet pas vraiment de blanchir Seznec. Même si on n'a jamais retrouvé le corps de Quémeneur, de sérieux éléments à charge subsistent: je songe aux conclusions de deux expertises réalisées en 2004 sur les deux principales pièces à conviction du dossier d'accusation de l'époque, des faux actes de ventes imputés à Guillaume Seznec et une machine à écrire. Dans les deux expertises, les conclusions sont défavorables à l’ancien maître de scierie. La première conclut que les faux actes de vente ont bien été tapés sur une machine à écrire saisie à son domicile. La seconde établit après examen de photos que la machine à écrire en question est bien du même type que celle qui a été présentée au procès de 1924.
En définitive, l'arrêt rendu jeudi dernier est surtout une défaite pour une certaine justice, la justice médiatique, qui consiste à fabriquer des coupables ou des innocents pour satisfaire une opinion publique en mal de sensations fortes. Pour comprendre les problèmes posés par la réhabilitation de l'ancien bagnard, j'invite à lire le texte de l'arrêt du 14 décembre 2006 mais aussi le petit livre de Michel Keriel Seznec L'impossible réhabilitation qui contient le texte intégral de l'arrêt du 28 juin 1996 rejettant la précédente demande de révision déposée par la famille Seznec.
Frédéric VALANDRE
PS: je vais me procurer prochainement l'ouvrage de Guy Penaud, L'énigme Seznec. Je ferai part de mes commentaires sur ce livre aux lecteurs de notre blog. A suivre...
10 décembre 2006
Ted Stanger . Sacrés fonctionnaires
« Vous les French, vous êtes une nation sous l'emprise des fonctionnaires, qu'ils soient d'en haut ou d'en bas », ça commence fort ! « Ici, le Dieu des chrétiens est remplacé par le culte de l'Etat », wow ! Ted Stanger a écrit ce livre juste pour me faire plaisir, c'est ça ?!
Sacrés fonctionnaires ! Un Américain face à notre bureaucratie, paru aux éditions Michalon en octobre 2006, est un ouvrage réjouissant. Un délice pour ceux qui comme moi exècrent la bureaucratie française autant qu'ils apprécient l'humour qui vise juste. Parfois on croirait du Claude Reichman ou du Bernard Zimmern, mais en beaucoup plus amusant.
Stanger utilise les anecdotes de sa vraie vie pour construire son bouquin. Son troisième chapitre nous décrit ses angoisses face à sa première déclaration d'impôts en France : fallait-il se déclarer en frais réels ou en déduction forfaitaire ? Le pauvre journaliste va de joies (je peux déduire mes voyages pour la promo de mes livres) en désillusions : personne ne lui conseille la même chose.
Pire, le fonctionnaire du fisc qui le reçoit est sympathique avec lui, jusqu'au terrible incident : une facture de restaurant de 110 euros. L'aimable bureaucrate fait remarquer amèrement que lui lorsqu'il va au restaurant avec sa femme « il ne dépasse pas les 30 ou 35 euros maximum». C'en était fini des déductions. Le verdict tombe: Ted Stanger se voit conseillé de prendre les 10% forfaitaires parce que « c 'est moins risqué ». Notre brave Ted, un démocrate de toujours, finalement dépité, finit par répéter à un ami ce que lui disait le fonctionnaire: « tu sais, payer nos impots, c'est montrer notre solidarité. Les 10% ça me suffit ».
L'ouvrage souligne une réalité importante : les Français sont pour une grande majorité eux-mêmes accrocs à cette bureaucratie. Déja que 75% des jeunes aimeraient devenir fonctionnaires, mais en plus dans la vie de tous les jours, même dans le privé, ce n'est que paperasse à signer 10 fois, procédures dans tous les sens. Stanger raconte la tonne de papier qu'il a fallu accumuler pour louer un appartement en guise d'illustration.
Les français sont accrocs à la fonction publique, et en plus ils trichent ! « 61% des français acceptent la tricherie, si c'est pour obtenir un des avantages sociaux, contre seulement 15% au Danemark » montre une étude. Bastiat l'avait déjà bien vu.
Bref ça fourmille d'anecdotes amusantes et d'analyses lucides. Achetez le (Avec AMAZON), offrez le, c'est du bon. Du vrai et du bien écrit.
Le Chat Tigré - ABL
Le Blog du livre : http://www.sacres-fonctionnaires.fr/
Michalon envoit ses bouquins aux bloggeurs comme nous, répond aux e-mails, et ouvre des blogs. Bravo !
Ma critique du précédent bouquin de Stanger : Sacrés Américains
17 novembre 2006
La malédiction Matignon
Avant chaque élection présidentielle, les livres politiques envahissent les vitrines de nos librairies. On y parle de la vie secrète d'un candidat, on critique un parti, un bilan ou une orientation politique, etc.
De différents niveaux, les livres peuvent être destinés au grand public, à des militants ou à des spécialistes. C'est dans cette dernière catégorie que se situe le livre que nous venons de terminer : La malédiction Matignon. Écrit par deux journalistes (Bruno Dive et Françoise Fressoz), il a été publié en septembre dernier chez Plon.
Ce livre très dense veut démontrer que le poste de Premier ministre est le plus risqué des portefeuilles ministériels. On parle communément de "fusible du président".
Il ressort de ces 300 pages que le poste de Premier ministre empêche quiconque d'accéder à la fonction présidentielle. La faute à qui ? Aux Français râleurs ? Aux syndicats preneurs d'otages ? Aux premiers ministres incompétents? Au président qui se cache derrière son chef de gouvernement pour éviter les foudres de la rue ?
Les auteurs insistent davantage sur le rôle des institutions plutôt que sur celui des hommes, d'où le témoignage et les propositions d'anciens premiers ministres à la fin de l'ouvrage. Doit-on supprimer le poste de Premier ministre pour donner plus de pouvoirs au président ? Au contraire, doit-on donner plus de pouvoir au Premier ministre afin qu'il puisse être un vrai chef de gouvernement ? Néanmoins, ce livre regorge d'anecdotes et c'est parfois trop. Au bout de 150 pages, il devient difficile de retenir les faits et les dates ou les noms de personnes.
On peut aussi s'interroger : le Premier ministre semble être une "victime", c'est à se demander pourquoi tout le monde rêve de ce poste ?
Conclusion : un livre intéressant et argumenté pour les spécialistes de la chose politique. Pour les autres, on pourra s'abstenir.
Emmanuel D
11 novembre 2006
Revue des livres du ChatBorgne
Ca a l'air interressant :
MADE IN MONDE , Suzanne Berger. Source : Libres.org Les livres sur la mondialisation sont assez souvent critiques de ce phénomène. Le public est d’ailleurs friand, surtout en France, de messages lui expliquant que « c’est la faute aux autres ». Les idées de liberté et de responsabilité individuelles ayant généralement mauvaise presse dans un pays obsédé, de manière paradoxale, à la fois par l’égalité et les « petits privilèges », le réflexe anti-mondialisation en devient tout naturel. Des auteurs comme Joseph STIGLITZ en ont d’ailleurs fait leur fond de commerce. Le livre de Suzanne BERGER que nous présentons cette semaine, « Made in monde : les nouvelles frontières de l’économie mondiale » aux éditions du Seuil, 2006, est un ouvrage important dans ce débat. Il permet effectivement de faire le ménage quant à plusieurs a priori sur la mondialisation. [Suite]
Presse Pire Encore [BLOG] "Au rayon des hommes libres, je place aussi Pascal Bruckner, dont "La tentation de l'innocence", paru voilà dix ans, annonçait les dérives actuelles. Je n'ai pas encore lu sa "Tyrannie de la Pénitence", sur le sujet maintes fois abordé ici de la repentance obligatoire. Je suis certain d'y trouver, le moment venu, l'analyse pointue et lucide que promet une telle signature."
Voir l'émission télé du 10 octobre 2006 : Guillaume Durand recoit Pascal Bruckner
Le Figaro Littéraire "Avec La Tyrannie de la pénitence, essai sur le masochisme occidental, Bruckner poursuit sa critique de la jérémiade sur les « crimes de l'Occident » et enfonce le clou par un plaidoyer en faveur de l'universalisme des Lumières. Car le masochisme dont parle Bruckner, ce n'est pas seulement l'excès du repentir, qu'il qualifie de « pathologie de la dette », c'est aussi une tendance à la dénégation de nos traditions libérales et républicaines." Lire l'article du Figaro sur la Tyrannie de la pénitence
Les grandes impostures littéraires. Alain Rubens. JOURNAL LIRE. "Canular, fausse biographie... les supercheries littéraires jouent avec le lecteur. Souvent drôles, ces fictions créent leurs propres mythes.
Comment Apollinaire s'est-il attribué des manuscrits qui n'étaient pas de lui? Qui a écrit Histoire d'O? A-t-on tripoté les Mémoires de Napoléon? Faux notoire, énorme et risible canular, escroquerie et fraude massives. Philippe Di Folco consigne dans ce dernier livre tout ce qui est tromperie sur la marchandise littéraire."
Pour Jean-François Revel. CHEZ REVEL [BLOG] "Sur bien des sujets auxquels cet homme d’une exceptionnelle culture
s’est confronté, il a vu juste avec une rare lucidité. Dès lors,
comment se fait-il que l’Université, certains médias influents et une
partie de l’opinion le considéraient surtout comme un auteur obsédé par
le communisme et fasciné par l’Amérique ?" 4eme de couverture, sommaire, podcasts, liens vers critiques.
Interview de Pierre Boncenne sur Passage du livre (en bas de page)
Voila c'est tout pour ce soir...
Le Chat Tigré alias ABL
27 octobre 2006
Grande Jonction, Roman de Maurice G. Dantec
« Courage mon fils, ton devoir journalistique t'attend » me dis-je à moi-même, après avoir lu le dernier Dantec qu'Albin Michel a bien voulu m'envoyer. « Il faut maintenant faire un post, et ne pas céder à la tentation de pomper à la place le papier d'un autre ».
*
Grande Jonction de Maurice G. Dantec doit son nom au territoire où débute dans les années 2060 la deuxième chute de l'Humanité. Sur ce territoire situé à la frontière de ce qui était le Canada et les États-Unis un petit groupe s'affère autour d'un enfant de 12 ans doté du pouvoir de « guérir les machines : Gabriel Link de Nova.
La première chute, celle décrite dans le précédent roman de l'auteur, avait détruit la « Meta-Structure » un réseau des réseaux unifiant toutes les machines et des êtres humains de plus en plus asservis à celles-ci.
On retrouve dans Grande Jonction un monde où la Meta-Structure n'existe plus, mais la destruction continue inexorablement. Les systèmes électroniques sont désactivés par vagues successives. Le phénomène a muté.
Bien vite les pouvoirs de guérison machiniques de Gabriel Link de Nova sont dépassés, car cette fois-ci c'est l'être humain directement qui est attaqué. Ce que Maurice G. Dantec appelle « La Chose », détruit le langage, au sens propre, puisque les victimes voient leurs phrases désorganisées, puis leurs mots concassés avant étape finale, de n'émettre plus que des 0 et 1 du langage binaire et mourir en émettant un bruit de modem analogique.
Plus loin on comprendra que « La Chose » veut détruire l'Homme en tant qu'individu pour l'incorporer dans une sorte de grand Tout parodie de Dieu.
Alors que l'Homme est le résultat de l'individuation de l'Unique, comprendre : l'Homme c'est plein de petites divisions de Dieu toutes différentes et autonomes. Donc le contraire... Enfin si j'ai bien compris ... ce qui reste à prouver ...
L'auteur fraîchement converti au catholicisme par la lecture de Léon Bloy nous livre en effet ici une odyssée aux fondements théologiques nombreux et il faut parfois s'accrocher pour essayer de comprendre.
Mais point besoin de tout comprendre pour apprécier Grande Jonction (c'est ce que me disent régulièrement certains amateurs de Dantec à propos de son oeuvre ). Le livre emprunte certaines recettes au Western, le lecteur est tenu en haleine par l'action et la beauté du récit. Il a ainsi le droit à un convoi attaqué par les Indiens (les islamo-nazis en fait), un bon duel, et un héroïque fort Alamo final.
Alors, tu vas lire ce livre ! OK ! *
Le Chat Tigré , alias ABL
* Désolé pour cette grossière parodie
ACHETER GRANDE JONCTION AVEC AMAZON
21 octobre 2006
Films du pire au meilleur

La Nonne : Film d'erreur réalisé par Luis De La Madrid, date de sortie française 11 octobre 2006.
Je suis le fantôme d'une nonne tuée par un groupe d'adolescents, je reviens me venger 20 ans plus tard. Bouuu. Je tue la première fille, la deuxième, la troisième, la quatrième [...] la sixième. Fin du film.
Encore une histoire débile ou l'on fait des groupes de 1 personne pour aller chercher du bois à la cave pendant qu'un tueur maléfique rode. Bref scénario particulierement misérable. Interprétation sans plus. Les décors et l'image sont corrects.
Pire film que j'ai vu au cinéma depuis longtemps.
Indigènes : film de guerre (lasse) réalisé par Rachid Bouchareb. Sortie 27 septembre 2006.
Les Maghrébins délivrent la France occupée par les nazis malgré les vexations continuelles dont ils sont victimes de la part de l'oppresseur colonialiste.
Formation au pays : paternalisme des petits chefs métropolitains, envoi au casse-pipe pendant que les chefs blancs restent sur la colline à regarder.
Voyage en bateau vers la France : pas de tomates pour les Noirs et les Arabes.
Débarquement et délivrance du pays les armes à la main : pas de promotion pour les Maghrébins qui se sont comportés en héros et que l'on a envoyé au massacre. Récolte des lauriers par les Blancs qui sont restés derrière.
Il faut être aveugle comme un Max Gallo pour trouver que ce film n'est pas partial. Les vrais héros venus des armées d'outre-mer, méritent peut-être mieux qu'un film de propagande bien-pensant ...

Thank You for Smoking. Film documentaire scénarisé de A à Z Réalisé par Jason Reitman. Sortie 13 septembre 2006.
La vie, les doutes et les joies d'un lobbyste de l'industrie du Tabac aux Etats-Unis. Comédie du genre "critique sans concession de l'Amérique", par un Américain. Donc inévitablement sélectionné pour un prix en France (Deauville 2006).
Bien fait, amusant, mais so democrat. On y voit par exemple un dîner amical entre le représentant du Tabac, celui des armes et celui de l'alcool, se disputer l'honneur de défendre le produit qui tue le plus de gens.
Car c'est bien connu c'est l'alcool qui tue et pas l'alcoolique, le pistolet qui tire et pas celui qui le tient et la cigarette qui va se mettre toute seule dans la bouche du fumeur, cette petite s......
A ne pas voir avec un(e) ami(e) gauchisant (e), il vous gonflerait ensuite avec Lord of War et autres Super Size Me.
Click.Film pop-corn réalisé par Frank Coraci, avec Adam Sandler. 4 octobre 2006.
Un jeune architecte père de famille achète une télécommande magique et universelle. Grace à elle il peut accelèrer le cours de sa vie, faire des pauses en bloquant les gens, mettre des dialogues en espagnol.
C'est du taillé sur mesure pour Adam Sandler, de la grosse comédie US, des blagues de potaches (le chien qui se tape une peluche canari tout au long du film). Et surtout le coté fable moraliste moderne : le héros comprend à la fin que le plus important ce n'est pas son boulot "mais la famille mon fils".
Le réalisateur a dû se faire plaisir, la plupart des figurantes et actrices secondaires sont d'incroyables bombes souvent courtes vétues.
Note personnelle : derrière moi dans la salle un jeune à keffieh n'a pas pu retenir sa larme pendant le moment d'émotion final ponctué, d'un "Ah ces p..tains de film américains ..." .
A voir si vous aimez les comédies US.
La Citadelle Assiègée.Documentaire mandibulaire Réalisé par Philippe Calderon.
Un couple royal de termites crée une nouvelle colonie, bientot une gigantesque termitiaire se dresse dans la plaine humide. Un accident vient bouleverser ce monde ultra-organisé : une branche d'arbre tombe sur l'édifice et en détruit une partie.
Dans les montagnes arides le soleil devient trop brulant pour les millions de fourmis Magnans; des guerrières et nomades. Elles partent en convois vers des territoires plus hospitaliers autour de la reine noire.
Mangeant tout sur son passage, araignées, autres tribus de fourmis, serpents, elles finissent par arriver dans la plaine où l'odeur des termites s'échappe de leur citadelle éventrée.
Les mangeurs de bois n'ont pas réussi à réparer suffisament leur habitat, les fourmis donnent l'assaut, c'est un carnage. Tous les futurs rois et reines termites sont massacrés.
Mais les termites réussissent à repousser les fourmis guerrières de la chambre royale dans laquelle s'entassent les larves survivantes et les derniers guerriers. Vont-ils réussir à survivre ? Comment l'orage qui s'annonce va-t-il influer sur le cours de la bataille ?
Filmé comme une guerre, avec un procédé optique parait-il innovant, ce documentaire est fascinant. Depuis que j'en avais vu les affiches j'attendais vraiment sa sortie avec impatience . Ceux qui, enfants, ont crée des camps militaires pour fourmis dans leur jardin me comprendront.
Le site Web de la Citadelle assiègée
Le Chat Tigré alias ABL
18 octobre 2006
Une autre vision de l'affaire Grégory

La sortie du livre d'Etienne Sesmat sur l'affaire Villemin ne doit pas faire oublier qu'un autre ouvrage sur le même sujet est paru trois ans plus tôt: Le Secret de la Vologne, écrit par le second directeur d'enquête ayant travaillé sur l'enlèvement et l'assassinat du petit Grégory, le commissaire Jacques Corazzi, du SRPJ de Nancy. Le livre est présenté par son éditeur Gérard Louis, comme un récit chronologique des enquêtes successives rédigé à partir des "Souvenirs et notes personnelles, [de l'] analyse de la presse et [de] tous les documents officiels liés aux procès [relatifs à cette affaire]" (p. 9).
Particularité dudit ouvrage: il est écrit de façon plus ou moins romancée, un peu comme un polar des éditions Fleuve Noir, et comme certains articles du Nouveau Détective (je précise que je n'ai rien contre cet hebdomadaire, que je lis de temps à autre). Cela facilite la lecture, mais parfois on a du mal à distinguer les élements romancés de ceux qui ne le sont pas ! Ceci étant posé, le choix narratif de Jacques Corazzi est parfaitement compréhensible. Celui-ci ne peut présenter sa version de l'affaire ouvertement, sous la forme d'un plaidoyer pro domo ou d'un livre d'investigation: il risquerait des ennuis pour contestation de la chose jugée (arrêt de non-lieu du 3 février 1993). En effet, Jacques Corazzi est très sévère avec les premiers directeurs d'enquête - Etienne Sesmat en tête (qui, d'ailleurs, a écrit son livre en réaction à celui du commissaire) - et croit aujourd'hui encore en la culpabilité de Christine Villemin; les élements ayant amené à l'inculpation de la mère de Grégory sont bien sûr évoqués:
1/ Les expertises graphologiques la désignant comme "le corbeau" qui persécutait la famille Villemin depuis des années.2/ Les explications jugées peu convaincantes sur les factures téléphoniques. 3/ Les témoignages des collègues de Christine affirmant l'avoir vu poster une lettre en fin d'après-midi le jour du drame, lettre qui pourrait être celle de la revendication du crime. 4/ Les cordelettes retrouvées chez les Villemin présentées comme étant identiques à celles qui ont servi à ligoter le petit Grégory.
En dépit des réticences sur la forme du texte que j'évoquais plus haut, et du fait que, pour ma part, je crois en l'innocence de Christine Villemin, je pense que le livre du commissaire Corazzi mérite d'être lu, tout comme celui du colonel Sesmat. Peut-on esperer assister un jour à un débat contradictoire entre les deux "frères ennemis" (expression que j'emprunte à un chroniqueur judiciaire de France 2) de l'affaire Grégory? La brève conversation, plutôt tendue, entre les deux hommes lors du Salon du Livre de Nancy, qu'on a pu voir dans l'émission Complément d'enquête du 9 octobre dernier, laisse penser le contraire, même si on y entend à un moment l'ancien gendarme dire qu'il était prêt à débattre sur le sujet. Affaire à suivre!
Frédéric VALANDRE
PS: au cours d'un déjeuner à Paris avec un écrivain en novembre 2004, celui-ci m'a affirmé avoir reçu les confidences d'un gendarme: la mort de Grégory aurait été un accident domestique déguisé en assassinat. Certes, tout ceci n'est que ouïe-dire, mais cela confirme que la vérité judiciaire sur l'affaire Grégory ne plait pas à tout le monde...
16 octobre 2006
Messe d'enterrement de Jean Ferré
Aujourd'hui lundi 16 octobre j'étais à la messe d'enterrement de Jean Ferré. Une église pleine, des gens debout dans les allées.
Jean Ferré avait fondé Radio-Courtoisie en 1987.
Venant des radios libres (Radio Solidarité) au début des années 1980, le monarchiste Jean Ferré réussira le tour de force de faire cohabiter à l'antenne de Radio-Courtoisie des personnalités des chapelles de droites les plus opposées. Des Libéraux pro-Bush comme Yves Roucaute aux catholiques "intégristes" de la Fraternité Saint-Pie X, en passant par la droite parlementaire : François Bayrou encore dernièrement.
Aujourd'hui la radio serait dans une situation financière précaire, le coût des émetteurs et des techniciens permanents étant un lourd poids pour une station qui ne diffuse aucune publicité et ne vit que des cotisations de ses auditeurs.
L'interim à la direction de Radio Courtoisie est assuré par Jean-Gilles Malliarakis, éditeur-journaliste et Henry de Lesquen conseillé municipal à Versailles. En tant que défenseur sans réserve de la liberté d'expression je rends hommage à cet homme, qui bien qu'étant opposé à certaines de mes idées – libertariennes - leur a permis de s'exprimer.
Le Chat Tigré
P.S : pour l'anecdote, l'écrivain Jean Raspail discutant avec quelques amis au sortir de la messe constatait qu'il allait à "beaucoup d'enterrements ces temps-ci".
Un blog d'amis de Radio-Courtoisie

