14 février 2008
99 francs
99 FRANCS
99 francs est une autobiographie fantasmée.
Octave, le personnage principal est le jeune cadre d’une grande agence de publicité. Une sorte de schizophrène qui crache sur ses clients des multinationales, qui vomit une publicité aliénante au service du capitalisme.
Octave c’est Frédéric Beigbeder qui a lu Bourdieu, et qui pense avoir une opinion, une intégrité à défendre. Pourtant Octave a des trous dans le cerveau à force de se sniffer des rails de coke sur le capot de sa voiture. Il nage en pleines contradictions : dans un passage il se vante de pouvoir refiler n’importe quelle merde à n’importe qui, 50 pages plus loin il pleure sur la dictature des enquêtes de consommation qui le briment dans sa volonté de vendre ce qu’il veut comme il veut. Frédéric Beigbeder pleurnichera aussi sur la démocratie, il pensait pouvoir nous fourguer le parti communiste de Robert Hue, mais il réalise bien que la merde se vend mal.
Tout le reste du bouquin lui donne l’occasion d’éructer une philosophie de café du commerce : la croissance c’est pas bien, le développement c’est moche. On sent qu’il a dû se fader du Naomi Klein et jouer du copier-coller. Les fonds de pension ça créé du chômage et le sadisme c’est cool, du coup Octave et sa petite bande de naze(i)s bourrés de fric vont massacrer une retraitée en Floride entre deux partouzes bien dégueulasse dans des vapeurs d’alcool et de coke.
Octave va se retrouver en tôle mais tout va bien se terminer pour lui car il revient dans un autre roman à la recherche de jeunes beautés pour une agence photo. Il continuera à se faire sucer allègrement avant d’enculer deux Éthiopiennes et une Russe. Finalement, dans ce roman de latrine on se demande si ce n’est pas ce genre de détail qui sauve tout le reste.
Voila, maintenant que vous connaissez l’histoire, n’enrichissez pas Octave, n’achetez pas son bouquin.
Xavier Collet
Si vous avez quand même besoin de vous ruiner en PQ : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2246567610/chatborgne-21
P.S du Chatigré : le film n'a lui aussi qu'un intérêt limité, on remarquera la plastique de l'actrice principale, mais pas suffisament pour retenir son nom...
10 février 2008
Outreau : on ne savait pas tout
Quatre frères violés par leurs parents et par un couple de voisins, treize personnes (hommes et femmes) accusés d'appartenir à un réseau pédophile avant d'être blanchis par la justice des hommes, un autre décédé en prison : telles sont les victimes connues de l'affaire d'Outreau, qui a fait couler tant d'encre ces dernières années. Oui, mais... ce qu'on ignorait, c'est que ladite affaire a fait une autre victime : Ludovic Lefebvre, l'auteur du présent ouvrage, qui fut la cible de violences sexuelles durant son adolescence.
L'Oublié d'Outreau est un récit autobiographique, qui entend relater "un parcours sinueux, obscur ou oscille espoir et désespoir, amour et haine, pureté et perversité, recherche d'identité, quête de bonheur" (p. 11). Issu d'un milieu modeste, né de père inconnu, Ludovic Lefebvre est élevé par sa grand-mère et le concubin de celle-ci dans la région Nord-Pas-de-Calais. A l'âge de 15 ans, l'auteur est mis sous tutelle chez son médécin de famille, le docteur Michel Q. Un notable, médécin auprès de la commission des permis de conduire, président d'un club huppé, le club "des 41". Un personnage que l'adolescent trouve fort sympathique, du moins au début... Très vite, il découvre que le bon docteur, "le soigneur, le confident, celui qui réconforte, celui qui redonne confiance" (p. 55) est un pervers de la pire espèce, " rougeaud, violent, violeur, obsedé, casseur de personnalité, adorateur d'adolescent viril, alcoolique et pédéraste honteux, bien caché" (Ibid.). A ce propos, il est difficile de rester indifférent en lisant le récit, terrible, du premier viol subi par Ludovic Lefebvre (pages 50 et suivantes). Dans ce cauchemar, c'est paradoxalement Martine Q., épouse et complice du médécin pédophile, qui fera office de "bouée de secours"; "mon unique moyen à l'époque de garder ma virilité naturelle, de ne pas me sentir encore un peu plus lopette, misérable, de vivre avec l'humiliation" précise l'auteur (p. 64). Les années qui suivront seront celles de la descente aux enfers pour Ludovic Lefebvre : alcool, tranquilisants, drogues en tous genre, vols, bagarres... Douze ans d'autodestruction interrompus parfois par des trèves, des lueurs d'espoir, avant de replonger à nouveau. Soyons clairs : ça fait froid dans le dos !
Fin 1995/ début 1996 : l'auteur décide de porter plainte contre son bourreau. De prime abord, le "pédéraste honteux" semble bien parti pour se diriger vers la case "prison" : le dossier de Ludovic Lefebvre est solide, et le médécin n'hésitera pas à insulter et à menacer de mort la juge qui instruit l'affaire (p. 160). Pour compléter un tableau déjà édifiant, le docteur Q. a violé un autre adolescent (p. 139-141) et tué deux femmes et blessé grièvement une troisième alors qu'il conduisait en état d'ivresse (p. 141-142) Dans cette dernière affaire, il insultera encore copieusement le magistrat instructeur, Fabrice Burgaud lui même. Visiblement, si cet homme est bien placé dans la hiérarchie sociale, il l'est également dans la hiérarchie de la saloperie, si jamais elle existe.
Mais pour Ludovic Lefebvre, justice ne sera pas rendue. Quant il contacte son avocate pour le dépot de plainte, celle-ci confie ladite plainte à un confrère... qui connait le docteur Q. Résultat : la plainte est déposée avec un an et demi de retard, alors que le délai de prescription est dépassé depuis deux mois, ce qui oblige l'auteur à redéposer plainte en 1999. En 2004, lorsque la juge d'instruction décide de renvoyer le médecin violeur aux assises, le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer fait appel, car il ne considère pas un ancien drogué tel Ludovic Lefebvre comme une victime crédible (les spécialistes de l'affaire d'Outreau reconnaitront sans peine ledit procureur, Gerald L.). Enfin, le retentissement de l'affaire d'Outreau, qui verra des accusés roulés dans la fange par les médias avant que ceux-ci n'effectuent un virage à 180° en les sacrant archanges, contribuera à placer sous le boisseau l'affaire de Ludovic Lefebvre. L'auteur frappe à de nombreuses portes pour faire connaître son histoire : journalistes (comme Florence Aubenas), avocats (dont Me Dupont-Moretti, un des médiatiques avocats de la défense dans les procès d'Outreau), associations (France-Justice). Sans grand succès. A ce jour, si Ludovic Lefebvre a touché une indemnité de 20 000 euros de la Justice, et si on a officiellement reconnu qu'il a été violé durant son adolescence, son bourreau n'est jamais passé en jugement, prescription oblige.
L'auteur pense que ce cher médecin qui a pignon sur rue a bénéficié d'une "justice de classe". Cela signifierait que dans un cas (l'affaire d'Outreau) on a considéré de prétendus "notables" comme des coupables en puissance ( quels notables ? L'un des accusés, Pierre Martel, que l'auteur connaissait bien d'ailleurs et qu'il a toujours soutenu, était chauffeur de taxi !) et dans le second cas (l'affaire Lefebvre) on aurait décrété qu'un notable est forcément non coupable. Ceci dit, Ludovic Lefebvre n'attaque pas l'institution judiciaire dans son ensemble, et rend hommage à ceux et celles qui ont tout fait pour que son affaire aboutisse (p. 237-238).
Dire que j'ai lu ce livre avec plaisir serait mentir : le récit qu'il relate m'a inspiré autant de dégout que de révolte. Mais c'est une lecture captivante (il m'a fallu moins d'un après-midi pour le lire), et salutaire. L'Oublié d'Outreau m'a conforté dans mon opinion : à force de répéter " Mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent en prison", on risque d'oublier que les deux cas de figure sont aussi graves l'un que l'autre, quoi qu'on en dise.
Frédéric Valandré.
Pour vous procurer le livre : Achetez sur Amazon.
J'invite également nos lecteurs à consulter le site des éditions Tatamis et le blog de Ludovic Lefebvre.
.
09 février 2008
Death Sentence de James Wan, morale à coups de marteau
Vu dans l'avion le film Death Sentence de James Wan, sortie française 16 janvier 2008.
Bien loin de l'esprit du film "Un justicier dans la ville" de Michael Winner avec Charles Branson,
l'autojustice est présentée ici comme étant la pire des solutions, l'action d'un esprit égaré et fanatique.
J'ai peut-être été victime du décalage horaire, mais j'ai eu l'impression d'etre gavé de messages politiques tous aussi lourdingues les uns que les autres en visionnant cette oeuvre.
En résumé :
Le fils d'un cadre important d'une compagnie d'assurances se fait égorger par un gang cherchant une victime au hasard
(comme une hôtesse de l'air un 11 septembre en somme).
Le père, un américain propre sur lui interprété par Kevin Bacon, décide de se venger. Il va buter les membres du gang "à l'ancienne", avec couteau + tabassage préalable (Comme l'armée américaine qui débarque et bombarde des pays style Irak et Afghanistan, ouvre des centres d'interrogatoires secrets, etc...).
Résultat : les terroristes qui sont très méchants vont à leur tour se venger.
[Spoiler]
La police met pourtant en garde le père :
- "Police : Si vous démarrez une guerre vous ne savez pas où ça s'arrête.
- Père : Ouais, mais ils ont tué mon fils quand même.
- Police : Dans une guerre les deux parties pensent avoir raison c'est pour ça que ça ne s'arrête jamais"
Le père s'entête, donc c'est le carnage, le gang bute la femme et le fils du gars, le gars se venge à son tour... etc.
A la fin le père se rase la tête à l'instar des membres du gang, le chef des méchants lui faisant alors subtilement remarquer, au cas où le spectateur soit vraiment trop con pour comprendre le visuel : "tu t'es vu ? tu deviens l'un des nôtres" ( "Bonjour je suis scénariste, auriez-vous un peu de subtilité s'il vous plaît je suis cruellement en manque").
Là je donne une interprétation post-11 septembre du film, mais on peut le voir aussi comme un film sur le pré-11 septembre :
les USA sont méchants avec les terroristes-arabes-musulmans, ils se vengent le 11 septembre (butage de la famille du père), les Américains se revengent avec la guerre contre le terrorisme, etc ... c'est le chaos et tout le monde en prend plein la tronche (Irak).
Pour finir, je pose la question : qu'est censée représenter la police dans cette pesante métaphore ? L'ONU ?! ... Débile ... risible ... passez votre chemin.
Le Chat Tigré.
PS : pour la bonne bouche, blog d'un mec incapable de comprendre un film pourtant aussi clair : il voudrait sans doute que le réalisateur écrive en gros sur l'écran "Les Américains sont méchants et stupides, à bas l'impérialisme et vivre les peuples opprimés "
26 janvier 2008
Michael Moore Au delà du miroir, Guy Millière
Michael Moore ment, et il sait qu'il ment. C'est en tout cas ce que clame Guy Millière dans son dernier pamphlet « Michael Moore – Au-delà du miroir » paru aux éditions du Rocher en janvier 2008.
Pour adopter le "style Millière" je dirai que dans le contexte français c'est un ouvrage à lire impérativement. Un bon petit pavé lancé contre la vitrine Michael Moore, qui, il est vrai, est déjà pas mal ébréchée.
D'après Amazon c'est la seconde biographie en français de Michael Moore, la première étant plutôt hagiographique. Ici « pan » sur le cinéaste préféré de l'extrême gauche anti-américaine (pléonasme).
Ayant vu un certain nombre des oeuvres de Michael Moore je savais déjà qu'il racontait n'importe quoi avec une mauvaise foi gigantesque. Avec ce livre j'ai un aperçu complet du désastre.
Le premier trucage du cinéaste serait d'avoir menti sur sa soi-disant naissance dans une ville prolétaire.
S'en suit une carrière de sagouin. Un de ses premiers boulots dans le journal "Mother Jones" lui aurait valut la haine de ses collègues et un renvoi rapide pour cause d'autoritarisme et de manque de déontologie journalistique.
Viennent les premiers films. Le tout premier,« Roger et moi » (1989), sur les licenciements dans l'industrie automobile dans la ville de Flint déclenchera la colère des habitants du bled s'estimant manipulés. Plus tard, le succès mondial de "Bowling for Columbine"(2002), fera de Michael Moore le héros de l'anti-américanisme en Europe. Millière montre à quel point ce film est un ramassis de c......, une des plus « belles » étant de lier la création de la NRA en1871, et celle du Ku Klux Klan en 1866. La NRA servant selon Moore à défendre le droit des blancs à posséder des armes pour tuer des noirs. Hum ... La National Rifle Association a été créée par d'anciens officiers nordistes, le Klux Klux Klan par les sudistes, mais bon ça évidemment le public européen n'en sait que dale, donc il gobe.
Pour enfoncer le clou Millière souligne à juste titre que le président Ulysse Grant, celui qui avait fait interdire le Klan et arrêter ses membres, est devenu président de ladite NRA par la suite.
A son habitude Guy Millière utilise le ton du pamphlet, beaucoup d'ironie, des attaques directes du style : « la crédibilité de Moore valait moins cher qu'une serpillière usagée » (p.116).
On aime ou on n’aime pas, moi je trouve ça souvent réjouissant, parfois un peu outré et de mauvais goût. Mais je suis fan de Millière donc je lui passe ses excès.
Bref ce livre est riche en informations et donne un bon aperçu de la carrière de truqueur de Moore.
Cependant, je dois en toute honnêteté émettre une grosse réserve sur le contenu de cet ouvrage : Guy Millière cite l'intégralité de ses sources en fin d'ouvrage. Il croit bien faire. Mais force est de constater qu'il s'agit d'une liste de sites Web et d'articles de journaux.
Visiblement G.Millière n'a pas rencontré ni interrogé une seule personne ayant connu ou travaillé avec Moore, pas plus qu'il n'est allé contre-enquêter sur le terrain des reportages du cinéaste. Ce n'est donc pas une enquête. Partant de là on peut s'inquiéter de savoir si les informations ont été correctement vérifiées...
ACHETER MAINTENANT AVEC AMAZON
28 décembre 2007
Le Bachelier, Jules Vallès
LE BACHELIER
Jules Vallès, fondateur du journal « Le Cri du Peuple » et communard acharné a commis une trilogie autobiographique un temps appréciée dans les collèges et les lycées. On doit désormais en distribuer quelques morceaux choisis particulièrement picorés dans « Le Bachelier », le deuxième opus.
L’étudiant d’aujourd’hui pourra d’ailleurs facilement s’identifier à Jacques Vingtras (Jules Vallès), le fort en thème ou qui se croit tel, monté de son Auvergne à Paris et qui dédicace son ouvrage « à ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim ». Ce Jacques Vingtras là c’est un peu notre Richard Durn, ce sont les étudiants bac + 5 sur des voies de garage qui ont appris avec de mauvais maîtres que la société devait leur dérouler le tapis rouge. Des petits boulots alimentaires jugés indignes d’eux vont nourrir leur frustration sociale pour en faire de véritables bombes.
Jacques Vingtras arrive donc à Paris pour chercher d’autres républicains (les communistes de l'époque), et espère vivre de l’argent que lui envoient ses parents. Il aime l’émeute et cherche à l’organiser dans les universités sans pour autant être étudiant. Il est un peu antisémite quand il s’en prend au bourgeois, à l’intéressé, à l’avare, au juif. C’est aussi contre le bourgeois en lui qu’il s’insurge, contre cette sensiblerie qu’il veut tuer pour ressembler à ces Spartiates dignes de l’admiration de Robespierre.
Mais la société bourgeoise semble se venger en le forçant à gagner de quoi vivre, il prend cela comme une mesquinerie et cherche des subterfuges : « il a été formé une caisse avec les sous que chacun pouvait avoir, et nous vivons là-dessus – jusqu’au grand moment où, si l’on a soif et faim, on réquisitionnera au nom de la République dans le quartier en feu. ». Et voilà notre Vingtras Vallès répétiteur chez des escrocs et finalement pion dans un collège, il enrage : « un soir de douleur et de colère, je suis homme à arrêter dans la rue un soldat ou un mouchard que je ferai saigner, pour pouvoir cracher mon mépris au nez de la société en pleine cour d’assises… Mais tu nous le paieras, société bête ! qui affame les instruits et les courageux quand ils ne valent pas être tes laquais ! Va ! Tu ne perdras rien pour attendre ! »
Vingtras est donc une petite ordure pathétique, un monstre frustré qui combat des fragments d’humanité en lui. Il prend pour idéologie ses pulsions anomiques ou suicidaires, Vingtras est notre contemporain.
Xavier COLLET
Pour les curieux : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2743433329/chatborgne-21
11 décembre 2007
Stéphane Courtois Dictionnaire du Communisme Éditions Larousse
Stéphane Courtois
Dictionnaire du Communisme
Éditions Larousse
648 pages – 28 euros
ACHETER AVEC AMAZON
Stéphane Courtois, auteur du célèbre « Livre noir du communisme », a réuni une équipe de 20 historiens ou politologues pour rédiger cette œuvre, divisée en trois parties :
1 - Six grandes questions sur le communisme : le marxisme mène-t-il inéluctablement au totalitarisme ? Le communisme opium du peuple ? Le communisme est il mort ?
2 - Les temps forts du communisme.
3 - Le dictionnaire proprement dit, qui comprend plus de
150 entrées consacrées aux personnalités, aux évènements, aux organisations, et à de grands dossiers : économie, société, vie culturelle…
(lu sur les 4 vérités Hebdo)
01 décembre 2007
Cette fracture qui menace la France

Deux ans après la publication d'un copieux recueil de ses "chroniques d'une résistance", le célèbre "billetiste" du Figaro Ivan Rioufol nous revient avec un nouvel ouvrage. Son objectif : tirer la sonnette d'alarme sur ce qu'il appelle "la fracture identitaire".
Et en lisant sa prose, on perçoit bien quelles sont les causes de ladite fracture :
Une école qui a de plus en plus de mal à jouer son rôle : transmettre le savoir à nos chères têtes blondes (de moins en moins blondes d'ailleurs, si vous voyez ce que je veux dire). Quand j'apprend qu'il y a en France 30 % de mal-lisants à l'entrée en 6e, 40 % de mal-écrivants, et 35 % d'élèves ne sachant pas compter (p. 18), je me demande si les "sottisiers" de l'école, du collège, ou autres, que l'on trouve dans le rayon "humour" de nos librairies, ne sont pas encore en dessous de la vérité.
Une repentance "unilatérale" (p. 37) qui consiste à nous autoflageller à propos de tout et n'importe quoi : l'esclavage, la colonisation, etc. A juste titre, l'auteur pointe la responsabilité écrasante de Jacques Chirac dans ce domaine, et souligne : "Aucun autre pays n'accepterait, comme l'a fait la France, de se reconnaître injuste, méprisable, raciste." (p. 35)
Un discours bien-pensant qui nous serine que l'Islam est "une religion de paix et de tolérance". Certes, on veut bien admettre l'existence d'un fondamentalisme musulman, mais c'est pour le mettre aussitôt dans le même panier que les fondamentalismes juif et chrétien. Amalgame grossier selon Ivan Rioufol : on n'a "jamais vu un intégriste chrétien ou juif se faire filmer égorgeant un adversaire ou se faire exploser au milieu de civils" (p. 88). Par ailleurs, l'auteur brocarde l'attitude d'une Europe occidentale qui minaude devant un Orient arabo-musulman, cette fameuse alliance contre-nature qui peut conduire à ce que l'écrivain Bat Ye'or a appelé "l'Eurabia", soit un continent de culture hybride, arabo-européenne (p. 138).
L'apologie du multiculturalisme et du métissage, qui conduit à masquer l'existence de pensées et d'actes francophobes de certains "allogènes", et au mépris des valeurs traditionnelles de notre pays : difficile de garder son calme quand Ségolène Royal (la future ex-"maman de tous les Français", pour reprendre les termes d'un ami) semble reprendre à son compte la vision de la France de l'ineffable Diam's qui éructe (moi j'appelle pas ça chanter) son rejet de "la France éternelle" "qui fête le beaujolais" (p. 122). Le multiculturalisme amène également à la désinformation sur le problème des flux migratoires : Ivan Rioufol rappelle par exemple que l'immigration subsaharienne a augmenté de 45 % entre 1999 et 2005 (p. 81).
Alors que faire ? Le "billetiste" du Figaro propose plusieurs pistes : rejet du multiculturalisme, réaffirmation de l'identité française et européenne, et des principes de la laïcité, remplacement du droit du sol par un "droit de la volonté"; en clair, "demander allégeance à ceux qui veulent partager son destin [celui de la République]" (p. 185). Par ailleurs, Ivan Rioufol nous enjoint à soutenir les musulmans réformateurs (p. 151-166) et appelle à une "Union occidentale", soit un rapprochement de la France et de l'Europe avec les Etats-Unis (p. 189-200).
En dépit de petites erreurs de détail (Guy Moquet n'était pas résistant, page 16, et Roland n'a pas affronté les Sarrazins en 778 à Roncevaux, mais des basques, p. 85), La Fracture identitaire vaut largement le détour; l'ouvrage plaira à ceux et celles, qui, comme moi, savourent la prose de M. Rioufol tous les vendredis dans Le Figaro. Quant aux autres, ce sera l'occasion de découvrir la plume mordante d'"Ivan le Terrible". Pour terminer, je dirai que c'est un livre d'autant plus actuel quand on songe aux récents incidents lors du match France-Maroc et aux dernières violences urbaines qui ont touché le Val-d'Oise...
Frédéric Valandré.
PS : J'invite également nos lecteurs à consulter le compte-rendu de Michèle Tribalat sur ce même livre.
18 novembre 2007
La Troisième Voie, un livre facilitateur
On dit que pour comprendre l’économie il faut lire les classiques et écouter ce que dit son professeur bien souvent altercomprenant.
Après quelques années de rabâchage à haute dose de « la Théorie générale » de John Maynard Keynes, de « la Grande Transformation » de Karl Polanyi, du « Capital » de Karl Marx, vous aurez compris que la marchandisation du monde ce n’est pas bien et vous saurez l’expliquer. Vous serez aussi persuadé que l’homme passe avant l’économie. Vous aurez appris à faire partager votre passion pour des ouvrages de vulgarisation comme « l’Anti-manuel d’économie » de Bernard Maris, les « Vraies lois de l’économie » de Jacques Généreux, et puis vous serez bien sûr abonné à « Alternatives Economiques ».
À ce niveau là vous pourrez même réussir avec brio l’agrégation de sciences économiques et sociales et vous inscrire au sein de la prestigieuse association des professeurs de sciences économiques et sociales.
Autant dire que vous aussi vous deviendrez altercomprenant en toutes choses. Autrement dit vous serez un trou du cul plein de risibles certitudes et votre approche de l’économie sera à la compréhension des mécanismes de l’action humaine, ce que la boucherie est à la chirurgie plastique.
À votre tour vous pourrez alors professer l’alter compréhension et condamner des générations entières à ne pas comprendre ce qui relie l’homme à l’économie et à la liberté.
Maintenant si vous voulez vraiment comprendre la science du bon sens, jetez à la poubelle toutes les conneries vues au-dessus. Mais sachez que devenir lettré au milieu d’aliborons ne se fera pas sans douleur. Votre soif d’apprendre tiendra d’une démarche zen qui vous ouvrira difficilement à la carrière de virus propagateur de connaissances.
Mais si vous voulez cheminer sur cette voie difficile vous ne pourrez vous passer de livres qui vous ouvriront à la passion de la découverte d’une discipline qui n’a rien d’aride et qui vous ouvrira des horizons. Ces livres facilitateurs, catalyseurs de compréhension ce sont les « 39 leçons d’économie » de Philippe Simonnot, « la Route de la Servitude » de Friedrich Hayek », et le dernier sorti et magistral « la Troisième Voie » de Jean-Louis Caccomo. Vous y ferez des découvertes au-delà de la compréhension des économistes officiels, comme par exemple que l’on ne peut répartir que ce qui a été produit ainsi que l’explique Jean-Louis Caccomo dans sa leçon du partage du pain. On encore que nul ne perd lors d’un échange consenti, des vérités encore hors de portée de la plupart des étudiants en économie. Vous pourrez ensuite allez plus loin sur la route d’une connaissance libératrice en abordant d’autres auteurs évoqués par ces livres facilitateurs, tels que Frédéric Bastiat, Ludwig Von Mises, ou encore le reste de l’œuvre d’Hayek. Des auteurs dont certains « économistes » cooptés n’ont jamais entendu parler.
Pour commander :http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350731545/chatborgne-21
Xavier Collet (http://libertariens.chez-alice.fr)
29 octobre 2007
Houdna Le Millière nouveau est arrivé
Il y a quelques temps déjà, au cours d'une de nos traditionnelles pauses "café" (à laquelles se joignaient parfois quelques amies de gauche... les pauvres !) à la bibliothèque où il travaille, mon ami libertarien Joseph B. m'avait signalé que Guy Millière souhaitait publier un ouvrage sur le conflit israélo-arabe. Eh bien, c'est désormais chose faite : Houdna ("trêve" en arabe) vient de paraître aux éditions Underbahn, le 23 octobre dernier pour être précis.
Le livre est d'abord un coup de gueule virulent contre l'antisémitisme d'hier et d'aujourd'hui, et fortement teinté de passages autobiographiques. A titre d'exemple, Guy Millière nous explique avoir entendu pour la première fois des plaisanteries antisémites à la fin des années 50, alors qu'"[Il n'avait] pas dix ans" (p. 46); ailleurs, il nous rapporte les propos violemment anti-israéliens que lui ont tenu certaines personnes (qui ne sont pas nommément citées); exemple : un employé haut placé du Ministère des Affaires étrangères qui lui a affirmé qu'Israël est "une erreur grave", une erreur de l'histoire (p. 72).
En lisant celà, c'est bien simple, on a envie de crier: "Des noms ! Des noms !" Mais l'ouvrage est aussi l'occasion pour son auteur de citer des faits peu connus du public français, tel l'existence de ces tunnels reliant l'Egypte à la bande de Gaza qui "servaient à la contrebande d'armes et d'explosifs et à de nombreux autres glauques trafics" (p. 83). Il remet également les pendules à l'heure (1) concernant certains aspects du conflit israélo-arabe : la création du concept de "peuple palestinien" (p. 116), la corruption généralisée au sein de la clique qui entourait Arafat (qui, pour sa part, a détourné des milliards de dollars, voir pages 129-130).
Mais surtout, un rappel de très bonne facture sur l'apparition du mythe Arafat, qui ne fut rien d'autre que "Le résultat d'une entreprise de marketing lancée (...) par le KGB" (p. 109). En clair, ce cher Yasser a été mis sur orbite par l'Union soviétique dans un but bien précis : donner un aspect présentable à la lutte des pays arabes contre l'Etat hébreu. Pensez donc, l'aspect "guerillero anti-impérialiste" est tellement plus fédérateur que de dire crûment que l'on souhaite rayer Israël de la carte !
Naturellement, on peut ne pas rejoindre l'auteur dans certaines de ses observations (par exemple, mon point de vue sur la période 1940-1944 n'est pas exactement le même que le sien), mais une chose me semble certaine : Houdna plaira aux lecteurs habitués à la plume mordante et vivante de Guy Millière. Quant à ceux et celles qui ne connaissent pas encore ladite plume, je les invite à la découvrir. Félicitations à Guy Millière et tous mes voeux de réussite à Houdna. Frédéric Valandré.
(1) Remarquez, bien des Français ont dû remettre les pendules à l'heure ce week-end, vu que nous sommes passés à l'heure d'hiver. Pour acheter le livre : voir le site des éditions Underbahn.
14 octobre 2007
Quelques "broutilles remarques" sur l'affaire Agnès Le Roux
Le verdict est tombé jeudi dernier : Maurice Agnelet, ancien avocat, ancien membre de la Ligue des Droits de l'Homme, ancien franc-maçon et surtout ancien amant d'Agnès Le Roux, la riche héritière du casino du Palais de la Méditerranée (Nice), disparue depuis la Toussaint 1977, a été condamné pour l'assassinat de cette dernière à vingt ans de prison par la cour d'assises d'appel d'Aix-en-Provence, bien que le corps de la jeune femme n'ait jamais été retrouvé. Contrairement au premier procès, qui s'était achevé par un acquittement, la logique qui consiste à dire "pas de cadavre, pas de preuve" n'a pas fonctionné cette fois-ci. Pour ma part, je me garderai bien de commenter le verdict, même si j'avoue n'avoir aucune sympathie pour Agnelet, triste individu s'il en est. J'attends surtout avec un tantinet d'impatience les réactions de certaines personnes.
Car il serait bon de rappeler que la réforme instituant l’appel en cour d’assises (appliqué à partir du 1er janvier 2001, en vertu de l’article 81 de la loi Guigou sur la présomption d’innocence du 15 juin 2000) a été l’aboutissement d’une campagne menée par les habituels porte-flingues de la subversion antijudiciaire, après la condamnation du jardinier marocain Omar Raddad pour le meurtre de sa patronne Ghislaine Marchal le 2 février 1994. Soyons clairs : ladite réforme donnait la facheuse impression de se soucier davantage du sort des accusés que de celui des victimes. Mais la loi du 4 mars 2002 l'a complété en permettant à l'accusation de faire appel d'un arrêt d'acquittement, ce qui a dû faire grincer quelques dents chez nos bonnes âmes !
Bref, quand on se penche sur le cas Agnelet, on constate que cette réforme (que Me Paul Lombard qualifiait naguère de "plus belle réforme judiciaire de l’après-guerre avec l’abolition de la peine de mort") peut avoir des conséquences que ceux qui la réclamaient à cor et à cri n'avaient ni prévues, ni souhaitées. Les "chevaliers" de la "croisade" antipénale qui se piègent eux-mêmes, vais-je m'en plaindre ? Franchement non.
Frédéric Valandré.
PS : Pour ceux que l'affaire Agnès Le Roux intéresse, le magazine Secrets d'actualité diffusé ce soir sur M6 à 23H00 y est consacré. Le livre dont la couverture illustre cet article a été écrit par la mère de la disparue, en collaboration avec Alain Roullier.




