Le blog du chatborgne / blog de livres

Les livres qui font Miaou dans l'actualité. Beaucoup de politique, un peu d'islamisme, de la culture et surtout de la Liberté et des livres.

24 mars 2008

Hitler m'a dit

41RH22JTEELLa lecture du livre d’Hermann Rauschning  « Hitler m’a dit »  permet de mieux comprendre la véritable nature du nazisme.  Je cite donc dans ce qui suit des parties de son livre, les guillemets correspondants à des  commentaires de Rauschning lui-même ou à des propos tenus par Hitler, et enfin à une définition de Wikipedia.

Une doctrine d’extrême gauche

La première impression à cette lecture doit conduire le néophyte à remettre en cause la classification politique de la doctrine hitlérienne.

En effet, le nazisme est habituellement présenté comme une doctrine d’extrême droite.

On peut cependant se demander ce qu’extrême droite signifie véritablement puisque le nazisme est un communisme achevé dont l’objectif est la création d’une fourmilière humaine. Si la droite justifie les libertés individuelles et la loi du marché, alors le nazisme ne peut se classer à l’extrême droite mais à l’extrême gauche, dans la mesure où cette nauséabonde idéologie prétend selon les termes d’Hitler « libérer des exigences d’une liberté individuelle que très peu d’hommes sont capables de supporter ».

Le capitalisme, création des Juifs

Il en découle logiquement que le libéralisme est la doctrine la plus haït du Führer ainsi que le déclare Eduard Heimann, socialiste chrétien. Hitler considère que ce sont les Juifs qui l’ont répandu pour ébranler des empires et s’enrichir : « Rappelez-vous que c'est le Juif qui a inventé cette économie du mouvement perpétuel des capitaux et de leur entassement qu'on appelle le Capitalisme, cette création géniale d'un mécanisme à la fois si raffiné et si parfaitement simple et automatique. Ne nous y trompons pas, c'est une trouvaille géniale, diaboliquement géniale. L'économie moderne est une création des Juifs. Elle est entièrement et exclusivement dominée par eux. C'est leur empire universel, qu'ils ont étendu sur tous les royaumes et tous les rois du monde. Mais à présent, ils nous trouvent en face d'eux avec notre conception de la révolution éternelle ; nous sommes les rivaux intolérables qu'ils doivent détruire sous peine d'être détruits. »

Sa « révolution éternelle » est substantiellement antilibérale car les Juifs avec leur libéralisme ont contaminé l’esprit des Allemands, il s’agit donc là de la pensée dominante à extirper : «  Nous devons secouer définitivement la coquille d'un libéralisme dans lequel nous sommes nés, et que nous portons encore inconsciemment collé à nos épaules. C'est chose difficile pour beaucoup d'entre nous. Car nous avons ramassé nos idées, au long de notre expérience, à toutes les broussailles du chemin et la plupart du temps nous n'en discernons plus l'origine. »

Il est étonnant que l’on trouve aujourd’hui tant d’auteurs pour dire cela que ce soit dans les manuels de nos écoles ou dans nos media.

Ce qui choque Hitler dans le libéralisme c’est aussi bien le capitalisme en tant que conséquences, que la liberté individuelle et l’égalité en droit dans ses principes : « Il ne peut y avoir un droit égal pour tous. Nous aurons le courage de faire de ceci non seulement la maxime de notre conduite, mais encore de nous y conformer. »

Et donc la liberté d’entreprise appartenant à chacun, le droit égal à s’enrichir s’oppose à une hiérarchie naturelle basée sur le sang : « la conception démocratique d'une hiérarchie basée sur l'argent n'est pas une moindre folie. Une véritable domination ne peut naître des bénéfices hasardeux réalisés par la spéculation des gens d'affaires. »

Hitler, réalisateur du marxisme

L’autre folie évoquée par Hitler est la société sans classes des marxistes, car au contraire il entend intensifier ces inégalités pour « et d'en faire une loi protégée par des barrières infranchissables comme dans les grandes civilisations des temps antiques. » Il a cependant compris que le programme communiste tient aussi d’une publicité mensongère, et admire le tour de passe-passe de l’aristocratie communiste qui a su, elle, bâtir de telles barrières entre elle et la masse.

Effectivement Hitler admire la transformation à l’œuvre en URSS, la sauvagerie de la Nomenklatura et les méthodes des bolchéviques le fascinent.

Plus encore il s’annonce comme le réalisateur du marxisme : « Je ne suis pas seulement le vainqueur du marxisme. Si l'on dépouille cette doctrine de son dogmatisme judéo-talmudique, pour n'en garder que le but final, ce qu'elle contient de vues correctes et justes, on peut dire aussi que j'en suis le réalisateur…  Le national-socialisme est ce que le marxisme aurait pu être s'il s'était libéré des entraves stupides et artificielles d'un soi-disant ordre démocratique.»

Une bolchévisation de l’Allemagne

Avant même la signature du pacte Germano-Soviétique des contacts existaient entre Nazis et Soviets. Les chefs du parti national-socialiste dont Goebbels lui-même « avaient reconnu dès les premières années de la lutte pour le pouvoir, une étroite parenté entre le national-socialisme et le bolchevisme; ils en avaient fait état, en s'en félicitant, dans des déclarations publiques ; ils avaient plus tard maintenu leur opinion et l'avaient propagée plus ou moins discrètement. »

Certains milieux conservateurs qui avaient soutenus et financés Hitler eurent peur d’avoir misé sur le mauvais cheval. En 1934 ils pensaient à se débarrasser de lui mais craignaient la guerre civile qui risquait d’en être le résultat d’autant que « les ouvriers à peine sortis des organisations marxistes, la masse de la petite classe moyenne, des employés et gagne-petit de toutes sortes étaient, au contraire, totalement acquis au national-socialisme. »

Et lorsqu’un interlocuteur d’Hitler s’inquiétait de la bolchévisation de l’Allemagne, Hitler répondait : « Ce n'est pas l'Allemagne qui sera bolchevisée, c'est le bolchevisme qui deviendra une sorte de national socialisme. D'ailleurs, il existe entre nous et les bolchevistes plus de points communs que de divergences, et tout d'abord le véritable esprit révolutionnaire, que l'on trouve en Russie comme chez nous, partout du moins où les marxistes juifs ne mènent pas le jeu. J'ai toujours tenu compte de cette vérité et c'est pourquoi j'ai donné l'ordre d'accepter immédiatement dans le parti tous les ex-communistes. Les petits bourgeois social-démocrates et les bonzes des

syndicats ne pourront jamais devenir de véritables nationaux-socialistes ; les communistes toujours. »

Il rajoutait : « Peut-être aurait-il mieux valu pour l'Allemagne qu'on pu éviter une rupture entre les marxistes et nous. Croyez-le bien, il fallait peu de chose pour débarrasser les ouvriers allemands de leurs idées fausses, pour les décider à jeter au ruisseau la défroque démocratique. Mais c'est à nous que la Providence avait réservé de faire ce pas décisif, qui change l'histoire du monde. »"

Deuxième révolution ou révolution permanente, deux stratégies pour un même objectif

Si les SA de Roehm furent liquidés en 1934 lors de la nuit des Long Couteaux, il ne s’agissait pas là d’un simple règlement de compte entre l’aile gauche et l’aile droite (si ces termes ont un sens) du parti national-socialiste, mais de rivalités pour le contrôle du parti, ainsi que de stratégies divergentes.

Du côté de l’aile gauche certains s’exprimaient ainsi : "Hitler mort servirait mieux le mouvement qu'Hitler vivant", "À la porte le pantin", ils réclamaient une deuxième révolution pour installer pour de bon le socialisme. Mais telle n’était pas la stratégie d’Hitler, Rauschning l’explique d’ailleurs clairement : « Hitler ne songeait pas un instant à faire comme en Russie, à détruire homme par homme la classe des possédants. Ce qu'il voulait c'était les contraindre à collaborer de tous leurs moyens à la construction de la nouvelle économie. Il ne pouvait pas se permettre de laisser l'Allemagne végéter pendant des années, comme la Russie soviétique, dans le besoin et dans la famine. Les capitalistes d'après-guerre devaient s'estimer heureux d'avoir la vie sauve. On les tiendrait en haleine, on les mâterait, par la crainte d'un pire danger. » Hitler comme son rival du parti Gregor Strasser partageait donc bien « la passion anti-capitaliste du peuple allemand ».

Mais le marxisme à la sauce nazie ne s’embarrasse pas de fatras idéologiques, Hitler ne recherche pas l’amélioration de situations individuelles, même s’il prétend le contraire pour ne pas perdre l’adhésion des masses. Il ne révèle ses desseins qu’à ses proches : « Je vous demande d'emporter avec vous la conviction que le socialisme, tel que nous le comprenons, vise non pas au bonheur des individus, mais à la grandeur et à l'avenir de la nation toute entière. C'est un socialisme héroïque. C'est le lien d'une fraternité d'armes qui n'enrichit personne et met tout en commun. »   

Ainsi en décevant tous les espoirs individuels , le nazisme ressemble terriblement dans sa vocation même aux pires cauchemars totalitaire réalisés par Pol Pot, Staline, Mao, Castro,

Pour autant le nazisme ne renonce pas aux artifices et doit cacher ses plans à un peuple encore trop contaminé par le libéralisme  : « La révolution n'est pas un spectacle pour le divertissement des masses. La révolution, c'est un dur labeur. La masse ne voit que les étapes parcourues. Mais elle ne connaît pas, et elle n'a pas non plus à connaître quelle somme de travail secret il faut fournir, avant de pouvoir faire un nouveau bond en avant. La révolution n'est pas achevée, elle ne peut jamais être achevée. …Aux yeux du public, j'ai mis fin à la révolution. Mais nous la transportons à l'intérieur de nous-mêmes. Nous gardons notre haine bien au frais dans la glacière et nous pensons au jour où nous jetterons bas le masque pour apparaître enfin tels que nous sommes et que nous resterons toujours. Je ne puis encore vous dévoiler tous mes plans. »

Le volontarisme économique nazi : une synthèse keynésiano-marxiste avant la lettre

Pas plus que les marxistes il ne cherche à comprendre les mécanismes de l’économie. Il a horreur de ce sur quoi le volontarisme humain n’a pas de prise, pour lui tout est simple et découle d’un logique keynésienne d’avant Keynes.

Ainsi face au chômage Hitler veut l’autarcie : « ce qu'il faut, c'est établir un circuit  économique fermé, de façon que notre force économique n'aille pas se saigner à l'étranger » couplée à une politique de relance par les dépenses publiques : « je pourrai obtenir le succès aussi bien par le réarmement que par la construction de maisons ou de cités ouvrières », mais aussi à une politique de redistribution destinée à dopé la demande : « je pourrai peut-être aussi distribuer aux chômeurs suffisamment d'argent pour satisfaire leurs besoins urgents. De cette façon, je créerai un pouvoir d'achat et j'augmenterai le mouvement d'affaires. ».

Les discours des pseudo économistes anti-libéraux ne disent aujourd’hui rien d’autre que cela, les manuels d’économie théorisent cette vision simpliste en parlant de l’efficacité des multiplicateurs keynésiens et des vertus des politiques contracycliques.

La présentation des politiques keynésiennes sur Wikipedia démontre d’ailleurs qu’on aurait pu aussi bien parler de politiques hitlériennes : « Ainsi, durant une période de conjoncture économique mauvaise, notamment de récession économique, l'État peut mener une politique de relance, politique keynésienne, qui passe par une politique budgétaire expansionniste, c'est-à-dire l'augmentation de ses dépenses. C'est ce que l'on appelle, au sens de Keynes, le "multiplicateur d'investissement", qui consiste donc pour l'État, à augmenter ses dépenses dites "investissements autonomes" afin d'injecter des revenus dans l'économie, pour augmenter la demande. Par exemple, lors de la construction de logement sociaux, l'État injecte des revenus dans l'économie lorsqu'il payent les ouvriers, et ces revenus distribués vont permettre d'augmenter la demande de consommation, qui doit se traduire par une augmentation de la production des entreprises, et donc par l'augmentation de l'emploi. »

Le détail et les mérites de telles politiques sera largement expliqué par des théoriciens modernes de la régulation, lesquels font la promotion de la relance keynésienne sans partager le souci de Keynes qui était de sauver le capitalisme. Hitler n’a pas plu n’avait pas ce souci.

Si les économistes nazis étaient alors, comme le rappelle Hermann Rauschning, la risée des économistes professionnels ; ils sont aujourd’hui considérés avec sérieux, peuplant nos plateaux télévisions et les tribunes du Monde Diplomatique pour dénoncer l’odieuse déréglementation néolibérale et la mondialisation qui ouvre nos frontières aux marchandises et aux capitaux apatrides.

Le (néo)libéral critiquera toujours les effets pervers d’une relance par l’inflation qu’elle génère et donc la perte de pouvoir d’achat qui neutralise la relance tout en laminant la compétitivité. Hitler lui répondrait que ces effets pervers sont l’œuvre de la déréglementation et que l’inflation peut être réglée si l’on élimine les spéculateurs, tout en ajoutant : « Il se produit de l'inflation si on le veut. L'inflation n'est qu'un manque de discipline : indiscipline des acheteurs et indiscipline des vendeurs. Je veillerai à ce que les prix restent stables. Pour cela, j'ai mes S. A. Malheur à celui qui oserait augmenter ses prix. Il n'y aura pas besoin de textes législatifs. Le parti s'en chargera. Vous verrez, quand nos S. A. iront faire respecter les prix dans les magasins. Ils n'auront pas besoin d'y aller deux fois. »

Pire que la communisation des choses, la communisation des âmes

Nul besoin de nationaliser outre mesure donc, et plus subtil pas de réglementations à outrance quand l’État de droit n’existe plus. Il suffit d’instaurer un nouvel ordre économique et un nouvel ordre social, ce qu’Hitler explique avec un sens aigu du cynisme : "Le parti joue le rôle de la société d'autrefois, voilà ce que j'ai voulu vous expliquer. Le parti embrasse tout. Il règle l'existence dans tous les sens et dans tous les domaines. Nous devons donc prévoir des cadres dans lesquels s'insérera la vie entière de chaque individu. Tous ses gestes et tous ses besoins doivent être réglés et satisfaits par la communauté, dont le parti est l'expression. Il n'y a plus de libre arbitre, plus de lacunes, plus d'isolement; l'individu ne s'appartient plus. C'est cela qui est le socialisme et non pas l'organisation de choses secondaires comme la question de la propriété privée ou celle des moyens de production. A quoi ces questions riment-elles quand j'ai soumis les individus à une discipline rigide dont ils ne peuvent s'échapper ? Qu'ils possèdent donc tout le sol et toutes les maisons et toutes les fabriques qu'ils voudront. Le point important est que, propriétaires ou ouvriers, ils soient eux-mêmes la propriété de l'État. »

Plus fort que le communisme des choses, le communisme intégral des âmes, un rêve altermondialiste quoi !

Pour acquérir cette oeuvre roborative :

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2012792391/chatborgne-21

Xavier Collet

Posté par chatborgne à 22:18 - Livres Histoire - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2008

Petite histoire de la France monarchique

Histoire des Rois et Reines de la France

A en croire une certaine conception de l'histoire notre pays tel que nous le connaissons aujourd'hui est né en 1789. Raisonner ainsi, n'est-ce pas mettre sous le boisseau les rois qui ont "fait" la France ? Le journaliste Xavier Cheneseau répond par l'affirmative. Dans ce sympathique travail de synthèse, il nous invite "à la découverte, à la redécouverte et à la prise en compte de cette histoire" (p.11). Et c'est bien volontiers que j'ai accepté cette invitation, ayant lu son ouvrage en moins d'une nuit.

Après un rappel utile des éléments-clés de la monarchie française, et un survol historique des dynasties mérovingienne et carolingienne (p. 15-34), l'auteur nous présente chronologiquement les souverains qui ont règné en France, de Hugues Capet (941-996) à Louis-Philippe (1773-1850); bien entendu, il ne manque pas de souligner le rôle qui fut le leur dans la construction de notre pays.

L'intérêt majeur dudit ouvrage est qu'il fait revivre pour le lecteur des rois et des reines généralement peu connus du grand public, contrairement à des "célébrités" comme Philippe Le Bel ou Louis XIV. Soi dit en passant, les charmantes maîtresses de nos bons rois ne sont pas oubliées, loin de là, et on se demande parfois si le titre du livre, Histoire des Rois et des Reines de France, n'est pas incomplet ! Enfin bon, je chipote...

Xavier Cheneseau a également le mérite de pourfendre quelques idées reçues. Sur la prétendue homosexualité du roi Henri III et de son entourage masculin, qu'on appelait "les mignons" (p. 163-164 : c'est vrai, on peut tout de même pas confondre la Cour de France de l'époque avec la Cage aux folles !), mais aussi sur l'idée de Nation, qui, quoi qu'on en dise, existait bien avant 1789 puisqu'elle fut déjà exprimée par Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. "En fait, avant la Révolution, la nation était une réalité qui trouvait son expression concrète en la personne du roi" explique t-il (p. 210).

Certes, le livre n'est pas exempt de défauts, j'ai relevé ça et là des erreurs (le fameux "vase de Soissons" n'a en fait jamais été brisé, page 18) et des coquilles : les Alamans (tribu vaincue à Tolbiac en 496 par Clovis) deviennent les Allemands (p. 18), et la chute de Napoléon n'est pas intervenue en 1817 (p. 219) mais en 1815. Oui, je sais, je suis un peu tatillon, ce doit être un tic d'historien !

Ceci dit, Histoire des Rois et des Reines de France demeure un ouvrage bien écrit, agréable à lire, qui s'achève en nous rappelant que la Monarchie n'est pas morte, puisque selon l'auteur, la Ve République telle que l'a conçue le général de Gaulle est d'essence capétienne : souci de la "réalisation [...] du bien public" (p. 228), de "l'indépendance et l'unité nationale" et de "la grandeur de la France dans le domaine international" (p. 229). En tous cas, voilà une lecture qui comblera les souverainistes et les amateurs d'histoire de France.

Frédéric Valandré.

Achetez avec Amazon.fr

Posté par chatborgne à 10:55 - Livres Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2007

The Marketplace of Christianity

market_place_christianityThe Marketplace of Christianity. Développe apparament une thèse opposée à celle du "triomphe de la raison" de Rodney Stark dont nous parlions un peu plus tôt.
Une information transmise par l'observatoiredesreligions.fr de Phillippe Simonnot.

Robert B  Jr, Robert F. Hébert, and Robert D. Tollison,  publient un nouveau livvre : The Marketplace of Christianity.
Ces économistes américains, pionniers de l’économie de la religion, appliquent cette fois leur méthode décapante à l’ensemble de l’histoire du christianisme, reprenant plusieurs articles dont l’Observatoire des religions a rendu compte (cf. rubrique Economie de la religion).

Les auteurs se livrent à une authentique réhabilitation et à un profond enrichissement de la célèbre, et controversée, thèse de Max Weber (L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.) Pour eux, le christianisme jusqu’à la Réforme de Luther a été un obstacle au développement à cause notamment des investissements somptuaires et inconvertibles (par exemple les cathédrales) qu’il entraînait. L’Eglise aurait généré une société de rentiers et non d’entrepreneurs. Une nouvelle occasion d’en débattre. L’Observatoire des religions y reviendra prochainement.
Le livre fait aussi état, en « termes de marché », de la concurrence féroce à laquelle se livrent aujourd'hui les religions, et notamment de la montée en puissance des Evangéliques et Pentecôtistes aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Afrique. La démonstration est brillamment  faite de la pertinence de l’approche économique des phénomènes religieux.
Ekelund Robert B  Jr, Robert F. Hébert, and Robert D. Tollison, (2006) The Marketplace of Christianity, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts, London, England.
ACHETER AVEC AMAZON

Posté par chatborgne à 07:42 - Livres Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mai 2007

Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre

repentance_coloniale(vu dans Les 4 Vérités Hebdo - journal d'actualité française ) Les fanatiques de la repentance s’acharnent sur notre passé colonial. Nous aurions pressuré les colonies ; nous aurions fait venir les “indigènes” au lendemain des deux guerres mondiales afin de reconstruire la France, pour les sommer de s’en aller quand nous n’avions plus besoin d’eux ; notre empire colonial aurait été une entreprise de génocide développée par un Jules Ferry comparable à Hitler.

L’auteur, spécialiste de l’Algérie coloniale et professeur d’histoire à l’université Paris-8, démonte ces absurdités à l’aide des outils de l’historien : les sources, les chiffres, le contexte.

ACHETER AVEC AMAZON
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2082104400/chatborgne-21

Daniel Lefeuvre Pour en finir avec la repentance coloniale Éditions Flammarion 229 pages – 18 euros

Posté par chatborgne à 09:21 - Livres Histoire - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2007

Les Souffrances Secrètes des Français d’Algérie

Les Souffrances Secrètes des Français d’Algérie - Raphaël Delpard

Éditions Michel Lafon

283 pages – 20 euros

Raphaël Delpard rappelle ce que fut le destin des Français d’Algérie, au lendemain des accords d’Évian. Ils furent placés devant un choix tragique : « la valise ou le cercueil ».
Victimes d’une épuration ethnique, ils furent plus d’un million à fuir, en quelques mois, vers ce qu’ils appelaient « la métropole ». Ils y trouvèrent l’indifférence - voire l’hostilité - des politiciens, des journalistes, des intellectuels, de l’opinion publique. Cet excellent livre plein de documents inédits et de pages bouleversantes rend justice aux pieds-noirs, régulièrement traînés dans la boue par les médias.

Commander sur Amazon :
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2749905869/chatborgne-21

Vu dans Les 4 Vérités Hebdo, journal d'actualité française et d'opinion

Posté par chatborgne à 11:06 - Livres Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2007

Les années Poujade

Les années Poujade : Une histoire du poujadisme (1953-1958)  Les années Poujade Thierry Bouclier, éditions Rémi Perrin
Acheter Avec Amazon

(Résumé) Entre la naissance et la chute du mouvement poujadiste il n' y a guère que quelque années : 1953 - 1962.  Cela fut suffisant pour marquer les esprits, et nous donner un adjectif : « poujadiste ».

Pierre Poujade (1920 – 2003), alias le « papetier de Saint-Céré » (Lot), crée l'UDCA (Union de Défense de Commerçants et Artisans) en novembre 1953.
Le mouvement poujadiste part de la réaction d'artisans et de commerçants face à la réforme des contrôles fiscaux. Celle-ci les toucherait plus particulièrement, alors qu'elle épargnerait les grands groupes industriels. Le sentiment d'injustice est grand, et la publicité faite par l'administration aux résultats de ces redressements,  aggrave encore le ressentiment.

Les groupes poujadistes s'opposeront sur le terrain aux contrôles fiscaux qu'ils jugent illégitimes : plusieurs inspecteurs sont renvoyés dans leurs foyers sans ménagement.
En 1955 ils appellent avec succès à la grève de l'impôt : dans plusieurs départements le taux de défection au tiers provisionnel dépasse alors les 50%.

En 1956, les fidèles de Pierre Poujade se présentent aux élections législatives, le mouvement s'est politisé. Poujade qui déteste la classe politique et la IVème République lance le slogan « Sortez les sortants! ».
52 députés sont élus à l'Assemblée nationale, dont le jeune Le Pen (27 ans).
L'objectif de Poujade était de provoquer une crise de régime en faisant démissionner les députés et d'organiser des Etats Géneraux dans la foulée. Cela n'arrivera pas: les députés et Poujade ne s'accordent pas sur la stratégie à adopter. Ce dernier leur reproche de devenir des politiciens.

Le mouvement se politise, Pierre Poujade engage le mouvement sur la question algérienne (pour l'Algérie Française). En 1958 il commençe par soutenir De Gaulle mais se ravise ensuite, ses députés ne le suivent pas et votent les pleins pouvoirs au Général. Aux législatives de 1958, le dirigeant contesté ne parvient pas à faire réélire ses candidats. En 1962, les partisans de l'Algérie Françaises ont définitivement perdu. Le mouvement poujadiste n'existe quasiment plus.

A noter :

Thierry Bouclier n'analyse pas l'idéologie profonde de Pierre Poujade, mais on peut néanmoins comprendre que celui-ci défend une France traditionnelle de petits commerçants et artisans proche du modèle corporatiste, et qu'il rejette le communisme comme le capitalisme.

Certaines motivations fantasmatiques (pour être gentil) de Poujade sont simplement survolées dans ce livre, sans être totalement occultées, ce qui est louable de la part d'un auteur ayant visiblement de la sympathie pour son sujet. Pierre Poujade était en effet imprégné des thèmes de la lutte contre le « capitalisme apatride » et du complot que celui-ci ourdirait contre l'existence de la France (capitalisme apatride = les Juifs ayant un certain succès dans la vie, dans la rhétorique antisémite de droite).
Motivé par cela il se livre à de violentes attaques contre Mendès-France qu'il accuse entre autres de ne pas avoir « une goutte de sang gaulois dans les veines ».
Ces positions idéologiques remontent à sa prime jeunesse, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pierre Poujade a été engagé dans la Résistance, mais une résistance de sensibilité nationaliste demeurée fidèle au Maréchal Pétain.

Mais si le terme « poujadiste » est devenu une insulte aujourd'hui ce n'est peut-être pas à cause de cela, sinon on parlerait aussi de l'« Abbé Pierrisme ».

ACHETER LE LIVRE AVEC AMAZON ACHETER LE LIVRE AVEC AMAZON ACHETER LE LIVRE AVEC AMAZON

 

Posté par chatborgne à 15:39 - Livres Histoire - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2006

Pleure, ô reine de Saba ! : Histoires de survie et d'intrigues au Yémen

Pleure, ô reine de Saba ! : Histoires de survie et d'intrigues au YémenFier et farouche, le peuple yéménite n'obeit à aucune loi sauf la sienne, celle dictée par les codes des tribus, qui, ici, prennent tout le sens du mot "tribu", avec ses conflits réglés par les imams mais aussi un sens inégalable de l'honneur. C'est le tableau que nous brosse l'auteur de "Pleure, ô reine de Saba", Khadija al-Salami. Son histoire personnelle est le fil conducteur de ce très beau livre qui apprend au lecteur toute l'histoire de cette terre biblique qu'est le Yémen.

Julia CHATAIGNER

Acheter avec Amazon.fr

Acheter avec Chapitre.com

Posté par chatborgne à 21:07 - Livres Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2006

La duchesse de Windsor : Scandaleuse Wallis

Wallis Simpson : La scandaleuse duchesse de WindsorDe loin la biographie la plus complète et la plus intéressante, Charles Higham nous livre les multiples facettes de la - ô combien- "scandaleuse" Duchesse de Windsor. Ange ou Démon? On l'adore ou on la déteste, mais elle ne laisse pas indifférent. Des bordels de Shanghai où elle fut initiée aux pratiques de la luxure jusqu'aux relations surprenantes et décriées avec une Allemagne en pleine montée du Nazisme et son attachement au Führer, ce livre nous révèle bien des faces cachées et insoupçonnées (n'avait-elle pas plusieurs amants après les épousailles d'avec son cher Duc??) de Wallis Simpson. Quoi qu'il en soit, elle reste une figure emblématique évoluant dans la périphérie de la cour d'Angleterre.

Julia CHATAIGNER.

Acheter avec Amazon.fr

Acheter avec chapitre.com

Posté par chatborgne à 15:42 - Livres Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juillet 2005

Un peu d'histoire...

Empire ottoman le déclin, la chute, l'effacement
par Yves Ternon
Editions Le Félin

Prix : 10.36

Acheter avec amazon.fr
Acheter avec Chapitre.com

Etat: Neuf
Date de parution de l'original: 02 jun 05
Date de parution de l'exemplaire: 02 jun 05


.


Cet ouvrage, écrit par un spécialiste de l’histoire des génocides et plus particulièrement de la question arménienne, s’attache à retracer l’histoire de la disparition de « l’homme malade » de l’Europe, à savoir l’Empire Ottoman. Mais pour mieux comprendre le rapide démantèlement de celui-ci, l’auteur estime qu’il faut s’intéresser à son histoire.



Après avoir rapidement mis en place le cadre géographique et ethnique de l’Empire Ottoman, l'auteur  évoque l’apogée de l’empire mais aussi les problèmes que connaît sa société . Cette crise sociale aboutit au démantèlement de l’Empire Ottoman qui commence au début du XIXième siècle. Les tentatives de redressement tentées par des hommes comme Méhemet Ali échouent.



Ensuite Yves Ternon aborde plus particulièrement l’agonie et la mort de l’Empire Ottoman de 1908 à 1919. De cette mort naît un état particulier : l’Etat Turc dont l’avènement doit tout à Mustafa Kemal. Ainsi l’auteur conclue de cette manière son ouvrage.



Les ouvrages récents sur la question ottomane en langue française sont peu nombreux, d’où l’intérêt de cet ouvrage. Il permet aussi de comprendre en partie la question turque car comme je le disais ce livre retrace les origines de l’Etat Turc. On regrettera seulement l’absence de chronologie.

Nous félicitons David P., l'auteur de cette fiche de lecture, pour sa réussite aux examens car le voici titulaire d'une licence d'Histoire. Chapeau bas!

Frédéric CHATAIGNER.

Posté par chatborgne à 20:47 - Livres Histoire - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 juin 2005

Amitié franco-américaine: une imposture?

Maudits français!
par John J. Miller/ Mark Molesky
Editions Saint Simon

Prix : 21.85

Acheter avec amazon.fr
Acheter avec Chapitre.com

Etat: Neuf
Date de parution de l'original: 02 jun 05
Date de parution de l'exemplaire: 02 jun 05

La sortie en France de cet ouvrage, écrit par le journaliste John J. Miller et l'historien de Harvard Mark Molesky, est un petit événement: véritable best-seller Outre-Atlantique, ce pamphlet historique- selon nous, c'est le qualificatif qui lui convient le mieux- se propose de retracer, des guerres indiennes des XVIIe et XVIII e siècles à la crise irakienne de 2002-2003, "trois siècles de relations tumultueuses entre la France et l'Amérique" (sous-titre).


La thèse des auteurs est limpide: "L'harmonie franco-américaine n'est qu'un vieux mythe pernicieux (...) La France n'est pas le plus vieil allié de l'Amérique, elle est plutôt son plus vieil ennemi." (p.19) Le livre , fort documenté, a le mérite de relater des faits, des événements peu connus du grand public français- la légende noire de George Washington en France lorsqu'il était encore un officier de l'armée britannique, les coulisses de la Guerre d'Indépendance qui nous montrent qu'entre la monarchie de notre bon roi Louis et les insurgents le ciel n'est pas toujours été bleu; par ailleurs, Maudits Français! sait mettre le doigt là ou ça fait mal: la fascination des intellectuels français pour le totalitarisme rouge, l'arabophilie franchement agaçante qui imprègne notre politique étrangère...


Bien sûr, dire que le duo Miller/Molesky ne fait pas dans la nuance c'est un peu comme dire que les oiseaux volent et les poissons nagent: c'est l'évidence! L'étudiant en histoire que nous sommes peut difficilement partager certaines analyses et jugements à l'emporte-pièce: exemples: faire de Napoléon "un des plus grands monstres de l'Histoire" (p.111) du Maréchal Pétain et de Pierre Laval respectivement un "bellâtre stupide et bigot" et un "sociopathe" (p.194-195). En outre, il arrive que des erreurs de détail soient commises: les propos de Jean-Pierre Chevénement favorables à Saddam Hussein cités page 255 ne furent pas prononcés "quelques mois après l'invasion du Koweït" mais six mois auparavant, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire irakien Alef-Ba du 7 février 1990; l'ancien ministre de la Défense y évoquait "une volonté réelle et sincère [de Saddam Hussein] de réaliser la paix avec l'Iran", non avec le Koweït (et pour cause: la guerre n'avait pas encore éclatée).


En dépit des réserves formulées plus haut, nous ne saurions trop conseiller la lecture de ce livre (y compris aux antiaméricains de tout poil) qui, à n'en point douter, suscitera de vives polémiques dans notre pays.


Frédéric CHATAIGNER.


Posté par chatborgne à 10:33 - Livres Histoire - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »