27 avril 2009
Je suis d’ailleurs
Les nouvelles de Lovecraft parues sous ce titre ne sont pas ses plus originales ni ses plus horrifiques. Elles demeurent cependant plaisantes à lire, même si le dénouement de chacune d’entres elle n’est pas si surprenant.
Non, ce qui compte ici c’est le style narratif, l’ambiance créée à coups de superlatifs, les sentiments et émotions des personnages oscillant aux portes de la folie. La trame se répète au fil des nouvelles, il vaut mieux ne pas les enchaîner, faute de quoi elles finissent par se mélanger.
Rien de très politique dans ce livre, si ce n’est le thème redondant de la dégénérescence humaine. En effet, les monstres humains sont souvent affligés de tares génétiques dues à des mésalliances qui les ont plongées dans la sauvagerie. La frontière entre l’homme et la bête n’est pas déterminée, et la faute de l’ancêtre se répercute sur toute sa postérité.
Lovecraft épouse là, peu ou prou, certaines thèses racialistes sur la pureté en vogue au début du 20ème siècle, une thématique qui évolue aujourd’hui tout aussi connement avec la pureté du sauvage contre la dégénérescence de la civilisation.
Bon on achète pour lire dans la bagnole à l’heure du déjeuner, entre deux big macs : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070421201/chatborgne-21
Xavier Prégentil
"Justice : mise en examen" : une journaliste donne son opinion
Bonjour à tous et à toutes !
Le 25 avril dernier, un compte-rendu de mon nouvel ouvrage Justice : mise en examen m'a été adressé par une journaliste qui a couvert nombre de grandes affaires criminelles dans l'Est de la France. Un grand merci à Marie-France Bezzina pour ce texte, que je reproduis ici dans son intégralité :
Très bien
Frédéric, j'ai lu votre dernier ouvrage avec beaucoup d'intérêt.
Il est parfaitement établi que le crime dit politique a trop souvent le soutien de la gauche, ou tout du moins d'une gauche propre à dénoncer par ce biais les injustices sociales. Au fond, pour ces soutiens, c'est bien pratique d'avoir ses "héros". Sans danger.
Je me souviens d'avoir couvert presque entièrement l'enlèvement et l'assassinat par la FAR du patron des patrons allemands H-M Schleyer en 1977. Son cadavre fut retrouvé dans le coffre d'une voiture à Mulhouse. J'ai d'ailleurs annoncé, la première, la découverte de cette voiture (AP) et du corps de la victime. Il n'y avait pas de quoi se réjouir. Depuis des jours et des jours, la presse avait fait un feuilleton de cette tragédie. Les FAR, groupuscule anarchiste et même nihiliste, avaient leurs partisans, tout du moins, leurs sympathisants intellectuels.
Pour ce qui est des crimes, disons, civils, mais pas civilisés, vous avez raison, il y a des soutiens qui laissent rêveur. Le trinôme, Justice, vérité, et son contraire, le mensonge, (voire mystification) ne font pas souvent bon ménage. Il est évident que la famille du suspect qui nie les faits, ses avocats, trouveront toujours une faille pour dénoncer la partialité des enquêteurs, quitte à désigner un innocent comme auteur du crime. Quant aux intellectuels qui plongent dans ces affaires et s'y noient, ils ne font guère de cas des incohérences de leurs dires. Ils romancent, c'est leur "business". L'histoire de la petite Rambla est, vous le dîtes, très significative. Cela permet d'écrire un livre...idem pour l'affaire de Lurs et le téléfilm. Mais je ne pense pas qu'au final, ces contorsions aboutissent à grand'chose.
Je constate que toutes, ou presque, les affaires criminelles médiatisées sont des erreurs judiciaires, pour des groupes de gens dont je ne connais pas les mobiles, si ce n'est de faire de " l'anti-justice". Affaire Seznec, Deperrois, Montigny-lès-Metz, Raddad, Turquin...
Le criminel qui refuse d'avouer se déhumanise et souffre, j'en suis persuadée. On dit qu'un criminel avoue toujours une fois ! Je pense que la justice est là pour aider le criminel à retrouver sa dignité, tout en le châtiant, sans être clémente, sans être sévère. La justice doit être objective. Malheureusement...
Marie-France Bezzina.
Note de Frédéric Valandré :
* FAR : Fraction Armée Rouge, également connue sous le nom de "bande à Baader".
* AP : Associated Press.

