Le blog du chatborgne / blog de livres

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01 septembre 2008

Hommage à un esprit libre, Alain Griotteray

alain_griotterayAprès Jean Ferré, le 10 octobre 2006, et Serge de Beketch, le 7 octobre 2007, c'est une autre personnalité de Radio Courtoisie qui a tiré sa révérence samedi dernier : Alain Griotteray nous a quittés, à l'âge de 85 ans, des suites d'une longue maladie. Résistant de la première heure (1) (il avait participé à la manifestation étudiante contre l'Occupant du 11 novembre 1940 à l'Arc-de-Triomphe, et avait été le plus jeune chef de réseau de la Résistance, le groupe Orion), co-fondateur du Figaro Magazine  dont il fut un éditorialiste réputé l'homme s'était également fait connaître par son parcours politique : compagnon de route du Général de Gaulle durant sa "traversée du désert", participant à la création des Républicains Indépendants et à celle de l'Union pour la Démocratie Française (UDF), maire de Charenton-le-Pont (1973-2001), député du Val-de-Marne...

Pour ma part, ce que je retiens d'Alain Griotteray, c'est qu'il était un esprit libre. A la fois souverainiste  il était pour "l'Europe des patries" et libéral – sur le plan économique atlantiste sincère sans être americanolâtre; souvenons-nous de son opposition à l'intervention de l'OTAN en Yougoslavie en 1999. En outre, le médaillé de la Résistance n'avait jamais caché qu'il était partisan d'une entente entre la droite "classique" et la droite nationale, pour contrer les candidats de gauche lors de certaines élections. Ce qui, bien sûr, ne plaisait pas à ses collègues de la fausse droite, qui, au nom d'un antifascisme de supermarché, préféraient voir gagner la gauche. Sans doute lassé du manichéisme ambiant sur les périodes troubles de notre histoire, Alain Griotteray avait écrit deux ouvrages (1940 : la droite était au rendez-vous, et 1940 : qui étaient les premiers résistants ? respectivement publiés en 1985 et 1999), pour rappeler que nombre des premiers partisans de la France libre venaient de la droite et de l'extrême-droite (2). L'ancien résistant s'était aussi distingué par ses positions équilibrées lors des affaires Touvier (3) et Papon, et avait clairement indiqué son refus de l'autoflagellation sur le passé de la France (son livre Je ne demande pas pardon, publié en 2001). Une autoflagellation dans laquelle –  hélas ! – se sont vautrés nombre de nos dirigeants ces dernières années.

Alain Griotteray n'est plus. Espérons que la relève de ce fervent défenseur d'une droite plurielle sera assurée. Car je ne suis certainement pas le seul à en avoir assez que ce soit "la droite la plus repentante du monde" (pour reprendre la formule du député UMP Jérôme Rivière) qui tienne les rennes dans notre pays.

Frédéric Valandré

(1) Contrairement à certains qui, sans rire et sans faire rire, sont "entrés en résistance" le 21 avril 2002 au soir...

(2) Récemment encore, il publiait un ouvrage dans la lignée de ces deux-ci : 1940 la naissance de la Résistance

(3) Bien que n'ayant aucune sympathie pour l'ancien milicien, Alain Griotteray avait pris la défense des trois magistrats de la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Paris qui, ayant rendu un arrêt de non-lieu en faveur de Paul Touvier le 13 avril 1992, avaient subi un hallucinant lynchage médiatique. Voir sa prise de position dans Le Figaro du 16 avril 1992 : "Une “justice” médiatique"

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Posté par chatborgne à 14:18 - Actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]

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