26 avril 2008
Lituma dans les Andes
Le brigadier Lituma est un personnage récurrent des romans policiers de Mario Vargas Llosa. On peut penser qu’il lui ressemble un petit peu : courageux, critiques des mœurs de ses contemporains, adepte d’un langage un peu leste et un brin porté sur la chose. C’est un péruvien citadin envoyé aux tréfonds des Andes pour enquêter sur des cas mystérieux de disparition.
Au milieu des Indiens Quechuas, lui et son adjoint de la ville, font figure d’extra-terrestre, se heurtant à un gouffre culturel d’incompréhension et à une fatalité de la mort dans le sillage sanglant des terroristes du Sentier Lumineux.
Ce roman est une occasion de nous présenter les mœurs des Indiens, leurs superstitions, leur fatalisme face à une nature hostile peuplée d’esprits méchants à apaiser et dont le terrorisme n’est qu’une des manifestations.
Il nous y présente des personnages qui nous feront forcément réagir comme Albert et Michèle, deux enseignants français un peu bohème qui n’en reviennent toujours pas d’avoir été massacrés à coups de pierre pas les sentiéristes. Dans cette galerie figure aussi son adjoint Tomasito, le petit Tomas, amoureux fou d’une pute dont il obtient contre toute attente la rédemption. Ou y trouve encore le simplet, si attachant et cible de toute la méchanceté des Blancs et des Indiens.
Le roman est pesant d’un malaise constant face aux différents protagonistes dont peu assument les conséquences de leurs actes. Par bêtise, bassesse, envie, deux villages entiers se rendent coupables d’exactions meurtrières. Mais nul ne se sent plus sale que cela, puisque la faute appartient aux esprits et aux communistes exaltant les ressorts les plus noirs de leurs âmes. Les uns finissent par ressembler aux autres et servent d’alibis communs à la folie de ces hommes.
Je recommande donc :
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Sans arme, ni haine, ni violence, mais si Rouve en parle
Sans arme, ni haine, ni violence Un film de Jean-Paul Rouve (2008)
Cris d'orfraie, indignation : le réalisateur et acteur du film sur le voleur Albert Spaggiari aurait gommé l'aspect politique du personnage. Certains abrutis vont même s'indigner que l'on puisse faire un film sans diaboliser un tel personnage.
Mais pas du tout ! Même si ce n'est pas le sujet central du film - et on voit mal pourquoi ça le serait - Spaggiari-Rouve est un militant nationaliste assumé.
Entre autres anecdotes du film: célébration du solstice d'été, groupe de copains d'Indochine qui viennent en renfort, phrase du type "il est de notre bord", rejet des journalistes gauchistes, discours pro-colonisation et anti-communiste sur le Vietnam, camaraderie avec des militaires sud-américains et surtout... amitié supposée avec Alain Delon (je plaisante, merci de ne pas me faire un procès).
La qualité du film ? J'ai trouvé ça regardable, sans être exceptionnel. Du suspense, des rebondissements, le personnage est bien campé, on s'y attache.
La tension dramatique n'est peut-être pas toujours bien dosée : la réussite du casse est montrée de façon quasi anecdotique, c'est volontaire de la part du réalisateur, mais cela me semble être une mauvaise idée, et le spectateur que je suis en est frustré.
Un documentaire sur Spaggiari passé il y a quelques années sur France 3 m'avait nettement plus enthousiasmé.
Le Chat Tigré
PS :Vidéo qui circule sur le sujet : Rouve et l'autre acteur du film sur le plateau de Fogiel avec un ancien copain OAS de Spaggiari.
Film sur Spaggiari - Maurice Rollet chez Fogiel
envoyé par Stockshot-One
08 avril 2008
Les Thanatonautes
Qu’est ce qui se passe quand on meurt ?
Toutes les religions et les philosophies du monde ont répondu à cette question à leur façon, alors Bernard Werber fait le tour des mythes et des écrits peu connus des religions monothéistes à ce sujet. Il en tire des points communs autour du thème de la réincarnation et du karma. Ainsi le destin ne s’imposerait que de façon limitée à l’homme, c’est à lui de trouver sa voie et porter la responsabilité de ses actes pour ses vies passées et sa vie présente.
À partir de là il tisse la trame de son roman autour de quelques personnages sympathiques et notamment du très individualiste Raoul Razorbak, le pionnier des voyages au-delà du mur de la mort. Pour cela il doit faire face à l’incompréhension générale quand cela foire, à l’admiration inconsidérée quand, par hasard, il réussit. Werber représente donc les innovateurs comme des incompris quelquefois misanthropes, d’où le cri de ralliement de Raoul : « toi et moi contre les imbéciles ».
Pour ceux qui n’ont encore jamais lu les Thanatonautes je n’en dévoilerai pas plus car c’est là un livre que je vous conseille chaudement. Je regrette seulement quelques grosses invraisemblances dans la mesure où les corps désincarnés réagissent et où le paradis se retrouve dans notre dimension et peut être situé géographiquement, enfin les Anges y apparaissent imparfaits et noyés dans la bureaucratie. Ce qui nous apporte le savoureux épisode de ronds de cuirs humain cogérant le paradis et y introduisant le trafic de karma, pas de doute Bernard Werber comprend bien les rouages du service public.
Pour commander : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2226067582/chatborgne-21

