Le blog du chatborgne / blog de livres

Les livres qui font Miaou dans l'actualité. Beaucoup de politique, un peu d'islamisme, de la culture et surtout de la Liberté et des livres.

24 mars 2008

Hitler m'a dit

41RH22JTEELLa lecture du livre d’Hermann Rauschning  « Hitler m’a dit »  permet de mieux comprendre la véritable nature du nazisme.  Je cite donc dans ce qui suit des parties de son livre, les guillemets correspondants à des  commentaires de Rauschning lui-même ou à des propos tenus par Hitler, et enfin à une définition de Wikipedia.

Une doctrine d’extrême gauche

La première impression à cette lecture doit conduire le néophyte à remettre en cause la classification politique de la doctrine hitlérienne.

En effet, le nazisme est habituellement présenté comme une doctrine d’extrême droite.

On peut cependant se demander ce qu’extrême droite signifie véritablement puisque le nazisme est un communisme achevé dont l’objectif est la création d’une fourmilière humaine. Si la droite justifie les libertés individuelles et la loi du marché, alors le nazisme ne peut se classer à l’extrême droite mais à l’extrême gauche, dans la mesure où cette nauséabonde idéologie prétend selon les termes d’Hitler « libérer des exigences d’une liberté individuelle que très peu d’hommes sont capables de supporter ».

Le capitalisme, création des Juifs

Il en découle logiquement que le libéralisme est la doctrine la plus haït du Führer ainsi que le déclare Eduard Heimann, socialiste chrétien. Hitler considère que ce sont les Juifs qui l’ont répandu pour ébranler des empires et s’enrichir : « Rappelez-vous que c'est le Juif qui a inventé cette économie du mouvement perpétuel des capitaux et de leur entassement qu'on appelle le Capitalisme, cette création géniale d'un mécanisme à la fois si raffiné et si parfaitement simple et automatique. Ne nous y trompons pas, c'est une trouvaille géniale, diaboliquement géniale. L'économie moderne est une création des Juifs. Elle est entièrement et exclusivement dominée par eux. C'est leur empire universel, qu'ils ont étendu sur tous les royaumes et tous les rois du monde. Mais à présent, ils nous trouvent en face d'eux avec notre conception de la révolution éternelle ; nous sommes les rivaux intolérables qu'ils doivent détruire sous peine d'être détruits. »

Sa « révolution éternelle » est substantiellement antilibérale car les Juifs avec leur libéralisme ont contaminé l’esprit des Allemands, il s’agit donc là de la pensée dominante à extirper : «  Nous devons secouer définitivement la coquille d'un libéralisme dans lequel nous sommes nés, et que nous portons encore inconsciemment collé à nos épaules. C'est chose difficile pour beaucoup d'entre nous. Car nous avons ramassé nos idées, au long de notre expérience, à toutes les broussailles du chemin et la plupart du temps nous n'en discernons plus l'origine. »

Il est étonnant que l’on trouve aujourd’hui tant d’auteurs pour dire cela que ce soit dans les manuels de nos écoles ou dans nos media.

Ce qui choque Hitler dans le libéralisme c’est aussi bien le capitalisme en tant que conséquences, que la liberté individuelle et l’égalité en droit dans ses principes : « Il ne peut y avoir un droit égal pour tous. Nous aurons le courage de faire de ceci non seulement la maxime de notre conduite, mais encore de nous y conformer. »

Et donc la liberté d’entreprise appartenant à chacun, le droit égal à s’enrichir s’oppose à une hiérarchie naturelle basée sur le sang : « la conception démocratique d'une hiérarchie basée sur l'argent n'est pas une moindre folie. Une véritable domination ne peut naître des bénéfices hasardeux réalisés par la spéculation des gens d'affaires. »

Hitler, réalisateur du marxisme

L’autre folie évoquée par Hitler est la société sans classes des marxistes, car au contraire il entend intensifier ces inégalités pour « et d'en faire une loi protégée par des barrières infranchissables comme dans les grandes civilisations des temps antiques. » Il a cependant compris que le programme communiste tient aussi d’une publicité mensongère, et admire le tour de passe-passe de l’aristocratie communiste qui a su, elle, bâtir de telles barrières entre elle et la masse.

Effectivement Hitler admire la transformation à l’œuvre en URSS, la sauvagerie de la Nomenklatura et les méthodes des bolchéviques le fascinent.

Plus encore il s’annonce comme le réalisateur du marxisme : « Je ne suis pas seulement le vainqueur du marxisme. Si l'on dépouille cette doctrine de son dogmatisme judéo-talmudique, pour n'en garder que le but final, ce qu'elle contient de vues correctes et justes, on peut dire aussi que j'en suis le réalisateur…  Le national-socialisme est ce que le marxisme aurait pu être s'il s'était libéré des entraves stupides et artificielles d'un soi-disant ordre démocratique.»

Une bolchévisation de l’Allemagne

Avant même la signature du pacte Germano-Soviétique des contacts existaient entre Nazis et Soviets. Les chefs du parti national-socialiste dont Goebbels lui-même « avaient reconnu dès les premières années de la lutte pour le pouvoir, une étroite parenté entre le national-socialisme et le bolchevisme; ils en avaient fait état, en s'en félicitant, dans des déclarations publiques ; ils avaient plus tard maintenu leur opinion et l'avaient propagée plus ou moins discrètement. »

Certains milieux conservateurs qui avaient soutenus et financés Hitler eurent peur d’avoir misé sur le mauvais cheval. En 1934 ils pensaient à se débarrasser de lui mais craignaient la guerre civile qui risquait d’en être le résultat d’autant que « les ouvriers à peine sortis des organisations marxistes, la masse de la petite classe moyenne, des employés et gagne-petit de toutes sortes étaient, au contraire, totalement acquis au national-socialisme. »

Et lorsqu’un interlocuteur d’Hitler s’inquiétait de la bolchévisation de l’Allemagne, Hitler répondait : « Ce n'est pas l'Allemagne qui sera bolchevisée, c'est le bolchevisme qui deviendra une sorte de national socialisme. D'ailleurs, il existe entre nous et les bolchevistes plus de points communs que de divergences, et tout d'abord le véritable esprit révolutionnaire, que l'on trouve en Russie comme chez nous, partout du moins où les marxistes juifs ne mènent pas le jeu. J'ai toujours tenu compte de cette vérité et c'est pourquoi j'ai donné l'ordre d'accepter immédiatement dans le parti tous les ex-communistes. Les petits bourgeois social-démocrates et les bonzes des

syndicats ne pourront jamais devenir de véritables nationaux-socialistes ; les communistes toujours. »

Il rajoutait : « Peut-être aurait-il mieux valu pour l'Allemagne qu'on pu éviter une rupture entre les marxistes et nous. Croyez-le bien, il fallait peu de chose pour débarrasser les ouvriers allemands de leurs idées fausses, pour les décider à jeter au ruisseau la défroque démocratique. Mais c'est à nous que la Providence avait réservé de faire ce pas décisif, qui change l'histoire du monde. »"

Deuxième révolution ou révolution permanente, deux stratégies pour un même objectif

Si les SA de Roehm furent liquidés en 1934 lors de la nuit des Long Couteaux, il ne s’agissait pas là d’un simple règlement de compte entre l’aile gauche et l’aile droite (si ces termes ont un sens) du parti national-socialiste, mais de rivalités pour le contrôle du parti, ainsi que de stratégies divergentes.

Du côté de l’aile gauche certains s’exprimaient ainsi : "Hitler mort servirait mieux le mouvement qu'Hitler vivant", "À la porte le pantin", ils réclamaient une deuxième révolution pour installer pour de bon le socialisme. Mais telle n’était pas la stratégie d’Hitler, Rauschning l’explique d’ailleurs clairement : « Hitler ne songeait pas un instant à faire comme en Russie, à détruire homme par homme la classe des possédants. Ce qu'il voulait c'était les contraindre à collaborer de tous leurs moyens à la construction de la nouvelle économie. Il ne pouvait pas se permettre de laisser l'Allemagne végéter pendant des années, comme la Russie soviétique, dans le besoin et dans la famine. Les capitalistes d'après-guerre devaient s'estimer heureux d'avoir la vie sauve. On les tiendrait en haleine, on les mâterait, par la crainte d'un pire danger. » Hitler comme son rival du parti Gregor Strasser partageait donc bien « la passion anti-capitaliste du peuple allemand ».

Mais le marxisme à la sauce nazie ne s’embarrasse pas de fatras idéologiques, Hitler ne recherche pas l’amélioration de situations individuelles, même s’il prétend le contraire pour ne pas perdre l’adhésion des masses. Il ne révèle ses desseins qu’à ses proches : « Je vous demande d'emporter avec vous la conviction que le socialisme, tel que nous le comprenons, vise non pas au bonheur des individus, mais à la grandeur et à l'avenir de la nation toute entière. C'est un socialisme héroïque. C'est le lien d'une fraternité d'armes qui n'enrichit personne et met tout en commun. »   

Ainsi en décevant tous les espoirs individuels , le nazisme ressemble terriblement dans sa vocation même aux pires cauchemars totalitaire réalisés par Pol Pot, Staline, Mao, Castro,

Pour autant le nazisme ne renonce pas aux artifices et doit cacher ses plans à un peuple encore trop contaminé par le libéralisme  : « La révolution n'est pas un spectacle pour le divertissement des masses. La révolution, c'est un dur labeur. La masse ne voit que les étapes parcourues. Mais elle ne connaît pas, et elle n'a pas non plus à connaître quelle somme de travail secret il faut fournir, avant de pouvoir faire un nouveau bond en avant. La révolution n'est pas achevée, elle ne peut jamais être achevée. …Aux yeux du public, j'ai mis fin à la révolution. Mais nous la transportons à l'intérieur de nous-mêmes. Nous gardons notre haine bien au frais dans la glacière et nous pensons au jour où nous jetterons bas le masque pour apparaître enfin tels que nous sommes et que nous resterons toujours. Je ne puis encore vous dévoiler tous mes plans. »

Le volontarisme économique nazi : une synthèse keynésiano-marxiste avant la lettre

Pas plus que les marxistes il ne cherche à comprendre les mécanismes de l’économie. Il a horreur de ce sur quoi le volontarisme humain n’a pas de prise, pour lui tout est simple et découle d’un logique keynésienne d’avant Keynes.

Ainsi face au chômage Hitler veut l’autarcie : « ce qu'il faut, c'est établir un circuit  économique fermé, de façon que notre force économique n'aille pas se saigner à l'étranger » couplée à une politique de relance par les dépenses publiques : « je pourrai obtenir le succès aussi bien par le réarmement que par la construction de maisons ou de cités ouvrières », mais aussi à une politique de redistribution destinée à dopé la demande : « je pourrai peut-être aussi distribuer aux chômeurs suffisamment d'argent pour satisfaire leurs besoins urgents. De cette façon, je créerai un pouvoir d'achat et j'augmenterai le mouvement d'affaires. ».

Les discours des pseudo économistes anti-libéraux ne disent aujourd’hui rien d’autre que cela, les manuels d’économie théorisent cette vision simpliste en parlant de l’efficacité des multiplicateurs keynésiens et des vertus des politiques contracycliques.

La présentation des politiques keynésiennes sur Wikipedia démontre d’ailleurs qu’on aurait pu aussi bien parler de politiques hitlériennes : « Ainsi, durant une période de conjoncture économique mauvaise, notamment de récession économique, l'État peut mener une politique de relance, politique keynésienne, qui passe par une politique budgétaire expansionniste, c'est-à-dire l'augmentation de ses dépenses. C'est ce que l'on appelle, au sens de Keynes, le "multiplicateur d'investissement", qui consiste donc pour l'État, à augmenter ses dépenses dites "investissements autonomes" afin d'injecter des revenus dans l'économie, pour augmenter la demande. Par exemple, lors de la construction de logement sociaux, l'État injecte des revenus dans l'économie lorsqu'il payent les ouvriers, et ces revenus distribués vont permettre d'augmenter la demande de consommation, qui doit se traduire par une augmentation de la production des entreprises, et donc par l'augmentation de l'emploi. »

Le détail et les mérites de telles politiques sera largement expliqué par des théoriciens modernes de la régulation, lesquels font la promotion de la relance keynésienne sans partager le souci de Keynes qui était de sauver le capitalisme. Hitler n’a pas plu n’avait pas ce souci.

Si les économistes nazis étaient alors, comme le rappelle Hermann Rauschning, la risée des économistes professionnels ; ils sont aujourd’hui considérés avec sérieux, peuplant nos plateaux télévisions et les tribunes du Monde Diplomatique pour dénoncer l’odieuse déréglementation néolibérale et la mondialisation qui ouvre nos frontières aux marchandises et aux capitaux apatrides.

Le (néo)libéral critiquera toujours les effets pervers d’une relance par l’inflation qu’elle génère et donc la perte de pouvoir d’achat qui neutralise la relance tout en laminant la compétitivité. Hitler lui répondrait que ces effets pervers sont l’œuvre de la déréglementation et que l’inflation peut être réglée si l’on élimine les spéculateurs, tout en ajoutant : « Il se produit de l'inflation si on le veut. L'inflation n'est qu'un manque de discipline : indiscipline des acheteurs et indiscipline des vendeurs. Je veillerai à ce que les prix restent stables. Pour cela, j'ai mes S. A. Malheur à celui qui oserait augmenter ses prix. Il n'y aura pas besoin de textes législatifs. Le parti s'en chargera. Vous verrez, quand nos S. A. iront faire respecter les prix dans les magasins. Ils n'auront pas besoin d'y aller deux fois. »

Pire que la communisation des choses, la communisation des âmes

Nul besoin de nationaliser outre mesure donc, et plus subtil pas de réglementations à outrance quand l’État de droit n’existe plus. Il suffit d’instaurer un nouvel ordre économique et un nouvel ordre social, ce qu’Hitler explique avec un sens aigu du cynisme : "Le parti joue le rôle de la société d'autrefois, voilà ce que j'ai voulu vous expliquer. Le parti embrasse tout. Il règle l'existence dans tous les sens et dans tous les domaines. Nous devons donc prévoir des cadres dans lesquels s'insérera la vie entière de chaque individu. Tous ses gestes et tous ses besoins doivent être réglés et satisfaits par la communauté, dont le parti est l'expression. Il n'y a plus de libre arbitre, plus de lacunes, plus d'isolement; l'individu ne s'appartient plus. C'est cela qui est le socialisme et non pas l'organisation de choses secondaires comme la question de la propriété privée ou celle des moyens de production. A quoi ces questions riment-elles quand j'ai soumis les individus à une discipline rigide dont ils ne peuvent s'échapper ? Qu'ils possèdent donc tout le sol et toutes les maisons et toutes les fabriques qu'ils voudront. Le point important est que, propriétaires ou ouvriers, ils soient eux-mêmes la propriété de l'État. »

Plus fort que le communisme des choses, le communisme intégral des âmes, un rêve altermondialiste quoi !

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Xavier Collet

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22 mars 2008

Pour en finir avec le pull-over rouge (suite)

Au cours de l'été 2007, un de mes correspondants sur Internet m'annonça la prochaine parution de son livre. Ce correspondant n'était autre que Pierre Rambla, le père de la petite Marie Dolorès, dont le meurtrier Christian Ranucci a été condamné à mort et exécuté le 28 juillet 1976. Comme les lecteurs de notre blog le savent, une certaine thèse "médiatiquement correcte" cherche à nous faire passer Ranucci pour un faux coupable fabriqué par les méchants policiers marseillais, qui aurait payé à la place du véritable assassin, un mystérieux homme au pull-over rouge. A l'origine de cette fable : l'écrivain Gilles Perrault, auteur d'une "contre-enquête" parue en 1978, qui a, hélas, servi de fil (... rouge, c'est le cas de le dire !) à deux films (l'un pour le cinéma, l'autre pour la télévision), des émissions TV, des sites Web, des jeux, etc.

Trop, c'est trop : c'est sans doute ce que s'est dit le père de Marie Dolorès. Il décide dans cet ouvrage de rétablir la vérité sur ce "serpent à sornettes" (l'expression est de lui) que constitue la thèse de l'innocence de Ranucci, et sur tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, cautionnent lesdites sornettes (les médias que j'ai cités plus haut). Après un rapide rappel autobiographique (p. 14-27) Pierre Rambla entre dans le vif du sujet. Ce n'est pas sans un sentiment de colère que l'on apprend les répercussions du montage anti-judiciaire de Gilles Perrault sur la vie de famille des Rambla ; et notamment sur Jean, le frère cadet de la victime, témoin de l'enlèvement de sa soeur. Il faut s'imaginer ce qu'a subi l'enfant, traité d'"assassin" dans les cours de récréation (on l'accusait d'avoir envoyé un innocent à la guillotine) et qui  tombe dans un manuel de grammaire destiné aux élèves de 3e sur "un texte relatant l'erreur judiciaire avec pour exemple un petit passage illustré d'un extrait du film Le pull-over (rouge) agrémenté de la photo de Ranucci" (p. 50). Par ailleurs, l'auteur rappele à juste titre le "pedigree" pas très reluisant de Gilles Perrault (engagé dans moultes causes douteuses) et les tendances pédophiles du meurtrier de sa fille (notamment son appartenance au réseau du pervers Jacques Dugué, pages 68-69). Sans oublier la condamnation de l'auteur du Pull-over rouge pour diffamation envers les policiers marseillais, détaillée pages 142 et suivantes. Mais Pierre Rambla a également le mérite de relater des éléments peu connus, notamment l'entretien entre Ranucci et sa mère à la prison des Baumettes, durant lequel il lui a avoué sa culpabilité (p. 122).

On l'aura compris : sur le fond, j'approuve tout à fait le propos de Pierre Rambla. Pour la forme du livre, je ne cacherai pas mes réserves : le rythmne est inégal, il y a parfois des répétitions, des coquilles et fautes d'orthographe, et certains passages font très "copié-collé". Pour donner un exemple concret, j'ai retrouvé l'extrait d'un texte que j'ai consacré à Gilles Perrault sur ce blog (en mai 2005) reproduit deux fois et sans guillemets pages 72, 73, et 74. Tout cela est un peu dommage.

Nonobstant ces défauts, le livre de Pierre Rambla mérite le détour, et pas seulement pour ceux et celles qui se sont intéressés à cette affaire criminelle : c'est aussi une bonne occasion de rappeler que dans ce dossier, les victimes, ce sont Marie Dolorès et sa famille. Et certainement pas Christian Ranucci, pour qui je ne verserai pas une larme, n'en déplaise à tous les "droits-de-l'hommistes" de notre pays.

Frédéric Valandré.

PS : Un grand merci à Pierre Rambla d'avoir donné le lien de notre blog, page 219. Nos lecteurs peuvent également consulter son blog, ainsi que ma  fiche consacrée au livre de Gérard Bouladou.

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Posté par chatborgne à 16:13 - affaires judiciaires - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

Le Canard Enchaîné, Nicolas Lecaussin viré de l'Ifrap à cause de son livre

Le Canard Enchainé du 19 mars 2008 : Plus Sarkozystes de Sarko, à propos du licenciement de Nicolas Lecaussin à suite à la sortie de son livre "L'absolutisme efficace"

plus_sarkoystes_que_sarko

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Posté par chatborgne à 20:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2008

Le paradigme perdu : la nature humaine

51X6T7CFAZLEdgar Morin dans « Le paradigme perdu : la nature humaine » revoit la notion de l’humanité et du vivant à la lumière des théories cybernétiques. Les cellules, les machines, les sociétés humaines obéissent à des principes organisationnels dont la cybernétique avait fait un premier assemblage.

La vie apparaît comme un principe néguentropique, c’est le paradoxe de l’organisation vivante, dont l’ordre informationnel qui se construit dans le temps semble contredire un principe de désordre (entropie). La réponse à ce paradoxe lie l’ordre et le désordre dans un système de réorganisation permanente fondé sur la logique de la complexité.

Il fait appel ici à la théorie des automata de Von Neumann examinant la différence entre la machine artificielle et l’organisme vivant (ou machine vivante). La machine artificielle, composée d’éléments fiables, est dégénérative. Alors que la machine vivante est constituée d’éléments peu fiables (molécules qui se dégradent, cellules qui dégénèrent) mais l’ensemble lui est fiable car capable de se régénérer en dépit de très nombreuses pannes qui arrêteraient la machine artificielle.

Le désordre interne, le « bruit » (perturbation qui brouille la transmission de l’information), accroît l’entropie de la machine artificielle, il en va au contraire pour la machine vivante dont le bruit toléré s’accroît au rythme de la complexification de la même machine. C’est même l’accroissement du bruit qui permet le développement vers un niveau de complexité supérieur. Le bruit porte en effet du désordre, mais aussi de l’indétermination, du hasard, lesquels sont facteurs d’auto-organisation. Le vivant est donc un système qui s’auto-organise.

Une écologie (science décrivant les relations entre les organismes et leur milieu) peut se concevoir ainsi : la communauté des êtres vivants (biocénose) dans son espace géo-physique (biotope) constitue avec celui-ci une unité globale (écosystème), qui est une totalité auto-organisée. L’écosystème est co-organisateur et coprogrammeur du système vivant qui s’y trouve intégré. Biotope et biocénose sont des systèmes ouverts et plus un système vivant est autonome, plus il est dépendant à l’égard de l’écosystème ; en effet, l’autonomie suppose la complexité, laquelle suppose une très grande richesse de relations de toutes sortes avec l’environnement.

Le système auto-organisateur est d’autant plus complexe qu’il est moins strictement déterminé, que les parties qui le constituent sont douées d’une relative autonomie, que le bruit s’accroît. Ce bruit dans la transmission du message produit des erreurs qui peuvent provoquer une dégénérescence, mais aussi d’une mutation qui accroît encore la complexité. Le hasard de la mutation possède un rôle organisateur du système.

Le cerveau humain représente un pas supplémentaire dans la complexité, dans l’hypercomplexité (un système hypercomplexe est un système qui diminue ses contraintes tout en augmentant ses aptitudes organisationnelles, notamment son aptitude au changement). Ce développement au cours du processus d’hominisation implique donc une plus grande ouverture à l’environnement (naturel et social) et une moindre détermination par les instincts. Le cerveau par voie de mutations acquiert des compétences linguistiques, logiques, heuristiques, inventives. Mais celles-ci ne peuvent se développer que dans un milieu social complexifié par la culture et donc à partir d’une éducation socioculturelle.

L’hypercomplexité du cerveau comme celle de toute structure suppose une moindre hiérarchisation, une moindre centralisation, une faible spécialisation, mais une plus forte dépendance de l’intercommunication (neuronales) donc une plus grande exposition au « bruit ». Cette plus grande exposition au désordre nous est encore incompréhensible. C’est du cerveau du sapiens qu’est née la conscience en tant que découverte du moi subjectif, de la mort et de l’environnement qui entoure. Elle permet des choix conscients, et une anxiété vis-à-vis de la prise de conscience de sa finitude, elle appelle le sacré à la rescousse, les interdits et les répressions, mais aussi la recherche de la vérité, la science.

Un système complexe, a fortiori hypercomplexe est exposé à des désordres tels que les mécanismes régulateurs peuvent se bloquer : c’est la crise. Cette crise peut être féconde car elle peut générer de nouvelles solutions accroissant la complexité du système. Le cerveau humain est un tel système, sa crise résulte en névroses créatives ou au contraire destructive.

La complexité permet aussi de comprendre l’évolution de l’humanité.

Le passage de la tribu à la société s’est fait par l’exogamie, les alliances, les échanges. Le clan devient le subsystème d’un métasystème plus complexe.

La société tribale n’a pourtant pas évolué à partir d’une contradiction interne, c’est l’action de l’environnement qui a été facteur d’évolution : expansion démographique et concentration dans des régions fertiles, densification de la population qui pousse à l’agriculture plutôt qu’au nomadisme. Les menaces externes (guerres, prédations) vont aussi conduire à une concentration défensive qui mène au développement des villes et des États sous la domination d’un chef qui défend et perçoit le tribut (religion d’État = appareil noologique). L’État conduit au développement de l’administration, du religieux qui tend à fonder sa légitimité. La concentration entraîne la division du travail, la division territoriale (campagnes, villages, steppes pastorales, villes) et la division sociologique (castes, classes, ethnies, nations).

Pour Edgar Morin, l’État est censé organiser la complexité qui se développe comme le font les organismes pluricellulaires : par hiérarchie et spécialisation du travail. En réalité l’État en tant qu’organisme parasitaire complexifié et légitimé par l’idéologie est un bruit tendant à limiter la complexité tout en l’accroissant dans certaines circonstances dans un jeu de plus en plus complexe du chat et de la souris.

Le communisme primitif (la loi du plus fort en réalité) disparaît au profit d’une hiérarchie stricte (au juste il s’agit d’une hiérarchie plus formalisée ou fonctionnelle).

La spécialisation fait progresser la complexité sociale en multipliant les intercommunications au sein de la société. Elle différencie la société en classes déterminant une culture et une personnalité propre pour chaque groupe professionnel (on parlera plutôt d’un idéal-type au sens de Weber). La spécialisation fait progresser la complexité en multipliant les produits, les richesses, les échanges, les communications, les inventions. Elle permet l’essor des civilisations, le déterminisme des rituels socioculturels et des programmations s’estompe au profit du jeu aléatoire des intérêts socio-économiques. La pensée se libère de la tradition et des dogmes, l’individualisme apparaît, mais aussi l’anomie avec la moindre intégration des individus. Pour Edgar Morin c’est aussi la polyvalence de l’homme qui disparaît, donc appauvrissement de la personnalité et sous-emploi des aptitudes individuelles pour les opprimés, parasitisme de l’État, des dominants, des possédants.

Sur ce point, il convient cependant de corriger en disant que l’Organisation Scientifique du Travail est une adaptation du travail aux aptitudes de la grande majorité des populations, elle ne développe pas les aptitudes mais ne les réduit pas non plus. Elle est une phase transitoire du développement permettant un contrôle étatique des activités à travers le salariat, donc une exposition à une régression dans le processus de complexification (développement des capacités de contrôle de l’État sur les activités productrices, pesanteur syndicalo-corporatistes, extension du parasitisme). Mais la contrainte de  la réglementation est aussi un message génératif permettant une complexification ultérieure dont les phénomènes de délocalisation et de mise en concurrence des législations, permis par la mondialisation, sont quelques uns des résultats permettant une accélération du phénomène de développement et une diminution des contraintes menant à une hypercomplexité plus grande encore.

Cette évolution pourrait ne pas être inéluctable, l’organisme social peut mal interpréter une erreur et permettre la diffusion du message erroné c’est là le phénomène de cancérisation à travers lequel le système immunologique défend une erreur qui se réplique au lieu de la détruire. On peut donc considérer qu’un corps social choisissant la réduction du niveau d’incertitude en sacrifiant la liberté et le développement des interactions au profit de la prévisibilité et de la sécurité par la contrainte, régresserait vers la société tribale.

Effectivement, comme le souligne Edgar Morin, sans partager – loin de là - la logique conclusion libertarienne qui en découle : le développement de l’humanité a toujours eu affaire aux deux types d’erreur, l’erreur ambiguë par rapport à un message génératif, laquelle entraîne éventuellement l’évolution vers plus de complexité, et le leurre qui entraîne échec et désastre. Toute contrainte est une erreur vitale pour un système hypercomplexe (fondé sur la diminution des contraintes). Toute vérité pour un système hypercomplexe est une erreur pour un système de base complexité.

L’acceptation de l’augmentation du niveau d’incertitude implique le développement de schèmes culturels en prise avec l’évolution de l’environnement, elle permettra l’épanouissement des pleines potentialités cérébrales (le développement de l’hypercomplexité cérébrale a besoin de nouveaux développements sociétaux pour être employé à 100 % de ses potentialités) dans une société hypercomplexe totalement auto-organisée, permettant donc à l’homme de développer ses potentialités organisatrices, inventives, évolutives. Ce que l’auteur appelle le quatrième âge de l’humanité soit l’âge symbiotique (après l’âge des primates, l’âge tribal, l’âge historique).

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Xavier COLLET

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Logique du Libéralisme : Morale - Vie en société - Economie

4259_couverture_Logique_du_liberalismeÀ l’heure où l’hyper président nous ressort les vieux drapeaux et la marseillaise à titre d’éducation civique,  où l’on impose les commémorations réalisées à la sauce de profs gauchistes, on peut se demander quels repères on inculque à nos enfants pour la société de demain.

Des leçons de morale seraient effectivement très nécessaires, mais c’est là ce que l’école sait le moins bien faire.

Il est donc urgent de balancer tous les livres d’éducation civique qui circulent dans les classes pour les remplacer par « Logique du Libéralisme » de Jacques de Guénin. Sous ce titre on trouvera un véritable manuel d’éthique qui nous questionne sur les institutions d’une société de liberté et sur les impératifs moraux qu’elle fonde. Ce questionnement débouche sur la découverte des Droits Naturels de l’homme.

C’est dans le respect de ces droits que les hommes devraient entrer en interaction afin de satisfaire leurs besoins, Jacques de Guénin en déduit les bonnes façons d’agir, celles qui sont conformes à la morale, mais aussi les plus efficaces. La dernière partie, en cohérence avec ce qui précède, constitue une véritable initiation à l’économie à laquelle quelques spécialistes consacrés de cette science risquent de ne rien comprendre.

Pourtant c’est là le BA B.A. du raisonnement économique qui est abordé et qui donne l’occasion de démolir des a priori bien ancrés quant aux bonnes pratiques morales et économiques, ainsi qu’au rôle forcément louable de ces parangons de vertu autoproclamés que sont les hommes de l’État.

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Xavier Collet

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