Le blog du chatborgne / blog de livres

Les livres qui font Miaou dans l'actualité. Beaucoup de politique, un peu d'islamisme, de la culture et surtout de la Liberté et des livres.

18 septembre 2006

Russ Meyer, une paire d'années

Russ MeyerLe cinéaste Russ Meyer nous a quitté le 18 septembre 2004. Deux ans déjà. Deux, comme les attributs féminins, ces deux protubérances mammaires autour desquels tourna toute sa carrière.
Ses oeuvres les plus célèbres, à commencer par « Faster Pussy Cat, Kill, Kill » 1965) mettent en scène des femmes aux poitrines démesurées, mais aussi prêtes à toutes les violences contre les hommes. Les films de celui que l'on a surnommé le Walt Disney du sexe sont un mélange de violence joyeuse et de sexualité débridée. Son réel talent de cinéaste et sa créativité visuelle lui auront permis de passer à la postérité contrairement à la plupart des tâcherons qui oeuvraient dans le genre à l'époque.
Il est amusant de savoir que ce fils d'une infirmière et d'un policeman, né à Oakland en Californie le 21 mars 1922 trouva sa vocation dans notre pays, la France, plus précisément dans une maison close de Rambouillet. 23 août 1944: alors que le GI Russ Meyer et ses compagnons d'armes occupaient une tente à côté de l'Hôtel du grand Veneur, un reporter de guerre qui y menait grand train prit en pitié ces pauvres garçons et les fit inviter chez la « madame » locale. La fille qui dépucela le soldat Meyer s'appelait Babette, le journaliste qui la lui paya Ernest Hemingway. La poitrine démesurée de la jeune femme  le marqua à vie.
Cinéaste de l'armée américaine durant la libération de l'Europe, il poursuivit sa carrière une fois revenu au pays. Difficilement d'abord, il lui fallut passer par la photographie. Le magazine Playboy  qui venait d'être lancé, en 1953, fit régulièrement appel à ses talents.
En 1959 il parvint enfin à réunir 24.000 $ pour monter son premier vrai film de cinéma, cela donnera « The Immoralwpbig_supervixen Mr. Tears »; accusé par une certaine critique d'être une version perverse de Monsieur Hulot de Jacques Tati, le film fit scandale. On y assiste en effet aux pérégrinations d'un brave coursier qui, suite à une opération chez le dentiste se met à voir toutes les femmes sans leurs vêtements. Succés immédiat. Sa carrière était lancée. Il peut ainsi poursuivre son "exploration", lui qui se comparait à "un Marco Polo dont le but serait la recherche de poitrines toujours plus grosses". Cinéaste alternatif et libidineux adversaire de l'ordre moral régnant dans les années 1960 aux États-Unis, il fut longtemps vénéré pour cela par une certaine intelligentsia européenne.  Russ Meyer fut même qualifié de féministe pour avoir mis en scène des héroïnes sachant se battre, ce à quoi il répondit un jour « Je me fiche savoir ce qu'il a y dans la tête d'une femme, à moins que ce ne soit mon [sexe] ».  Et bien que subversif sur le plan des moeurs, Russ Meyer n'en était pas moins un patriote convaincu et un farouche anticommuniste.
Aujourd'hui il semble difficile de trouver un héritier à cet amateur de nu féminin et de violence débridée, qui refusera pourtant toute sa vie de tourner des pornos. On pourra toujours se consoler dans les bacs des soldeurs de DVD qui cachent parfois une oeuvre du regretté Russ.

A.W

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(images notamment piquées ici : http://www.madman.com.au/russmeyer/index.php)

Posté par chatborgne à 10:04 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Cadeau :

    http://www.sexnfun.net/2006/04/russmeyer.html

    Posté par , 26 septembre 2006 à 15:20

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